Région du Pacifique - Plan de gestion intégrée de l'aquaculture pour les mollusques et les crustacés: Renseignements généraux et vue d'ensemble du secteur

Avril 2017 - Version 2.1

1.1 Contexte

En décembre 2010, le gouvernement du Canada était le principal responsable de la réglementation et de la gestion de l'aquaculture en Colombie-Britannique (C.-B.). À titre d'organisme fédéral responsable, Pêches et Océans Canada (MPO, le Ministère) est chargé de la réglementation, de la surveillance et de la délivrance de permis concernant toutes les opérations de conchyliculture dans la province.

Pour permettre au Ministère de s'acquitter de ces responsabilités, le Règlement du Pacifique sur l'aquaculture (http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/DORS-2010-270/) et le Règlement sur les activités d'aquaculture (http://laws-lois.justice.gc.ca/PDF/SOR-2015-177.pdf) ont été élaborés en vertu de la Loi sur les pêches afin de régir la gestion et la réglementation de l'industrie aquacole en Colombie-Britannique. Le Ministère a également établi le Programme de réglementation de l'aquaculture en Colombie-Britannique (PRACB) afin d'appuyer la mise en œuvre du règlement et la gestion courante du secteur.

Bien que le MPO soit l'autorité fédérale responsable, d'autres ministères fédéraux et organismes provinciaux jouent également un rôle dans la gestion et la réglementation de divers aspects de l'aquaculture en Colombie-Britannique. Par exemple, Transports Canada est chargé d'examiner les demandes concernant la protection des eaux navigables, et l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a compétence dans les domaines de la salubrité des mollusques et des crustacés, de la santé des poissons et de la transformation

La province de la Colombie-Britannique reste responsable de l'autorisation de l'occupation des territoires domaniaux aquatiques provinciaux associée aux opérations aquacoles. Par territoires domaniaux aquatiques, on entend les terres se trouvant au-dessous de la laisse visible de marée haute d'un plan d'eau, qui s'étendent vers la mer ouverte jusqu'à la limite reconnue de la compétence provinciale, y compris l'estran. Dans certains cas, le zonage, administré par les gouvernements locaux, s'applique également aux régions marines et littorales.

En vertu du Règlement du Pacifique sur l'aquaculture, on définit l'aquaculture comme « l'élevage de poissons ». Le Plan de gestion intégrée de l'aquaculture pour les mollusques et les crustacés (PGIA-MC) touche l'élevage de tout mollusque ou crustacé dans un milieu marin, notamment les zones littorales, intertidales et en eau profonde (élevage suspendu ou sur le fond marin). On parle d'élevage de mollusques et de crustacés là où une quelconque forme d'intervention humaine dans le processus d'élevage a eu lieu en vue d'accroître la production, telle que l'ensemencement à intervalle régulier, l'alimentation ou la protection contre les prédateurs. L'élevage comprend également la propriété individuelle ou collective, le contrôle et la responsabilité du stock cultivé. Le PGIA pour les mollusques et les crustacés comprend des aspects portant sur l'élevage de mollusques, de crustacés et d'échinodermes, mais ne traite pas des algues ou des plantes marines.

Le PGIA-MC décrit le cadre de gestion pour la conchyliculture dans les eaux marines en Colombie-Britannique. Dans certains cas, il se peut que le processus d'élevage des mollusques et des crustacés tout au long du cycle vital soit régi par plus d'un PGIA (p. ex., les mollusques et les crustacés ainsi que le poisson de mer et d'eau douce/terrestre). Cela comprend le cas où le frai et l'élevage des mollusques et des crustacés peuvent se dérouler dans des écloseries terrestres pendant un certain temps avant que ceux-ci ne soient transférés dans le milieu marin à une certaine étape de leur cycle vital.

Conformément à la gestion des autres pêches du MPO, le Ministère a mis en place des processus de consultation visant à appuyer l'élaboration des PGIA ainsi qu'à stimuler la mobilisation des Premières Nations, de l'industrie et des intervenants en ce qui concerne la gestion de l'aquaculture en Colombie-Britannique. Le Comité consultatif sur la gestion de l'aquaculture (CCGA) – mollusques et crustacés est composé de membres des Premières Nations, de détenteurs de permis de conchyliculture ainsi que de représentants des associations de l'industrie, des groupes d'intérêts environnementaux et des gouvernements locaux. Le MPO et la province de la Colombie-Britannique sont des participants d'office au processus consultatif. Le cadre de référence du CCGA – mollusques et crustacés ainsi que les coordonnées et l'horaire des réunions se trouvent sur la page Web Consultations de la région du Pacifique du MPO (http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/consultation/index-fra.html). De plus amples renseignements sont disponibles à la section 2.8 du présent document.

Le CCGA – mollusques et crustacés examine le PGIA-MC et prodigue des conseils et des recommandations au MPO en ce qui concerne la gestion de la conchyliculture en Colombie-Britannique. En plus du processus du CCGA – mollusques et crustacés, le Ministère consulte directement bon nombre d'intervenants et de secteurs différents. Le MPO entreprend également des consultations bilatérales avec les Premières Nations et travaille avec des organisations, comme le Conseil des pêches des Premières Nations, afin d'amener celles-ci à prendre part à la gestion de l'aquaculture en Colombie-Britannique.

1.2 Aperçu du secteur

Le secteur de la conchyliculture existe depuis longtemps en Colombie-Britannique. Les sites de conchyliculture s'étendent sur la côte de la province et comprennent une variété d'espèces et de méthodes d'élevage. L'industrie conchylicole fournit des emplois et offre diverses possibilités économiques allant des petites exploitations familiales aux grandes sociétés dont la capacité de production et de transformation diffère. De nombreuses Premières Nations de la côte participent aux activités de l'industrie conchylicole.

1.2.1 Renseignements généraux et historique du secteur

Depuis de nombreuses années, les espèces marines font l'objet d'un élevage en Colombie-Britannique. Par exemple, il existe des preuves de l'utilisation historique des gisements de palourdes par les Premières Nations datant de milliers d'années.

En Colombie-Britannique, les origines de la conchyliculture commerciale remontent à l'introduction, en 1912, de l'huître creuse du Pacifique provenant d'Asie. L'importation organisée d'embryons d'huître a débuté au début des années 1930, puis ces huîtres ont commencé à s'établir dans des zones comme le port de Ladysmith et le détroit de Pendrell. Bien que les premières fermes ostréicoles commerciales aient fait leur apparition à cette époque, ce n'est que dans les années 1950 qu'une véritable « industrie » a vu le jour, y compris la collecte locale de semences et de naissains sauvages.

La palourde japonaise a été introduite par inadvertance dans la province en même temps que des embryons d'huître dans les années 1930. Cette palourde s'est répandue rapidement à l'état sauvage, mais son élevage précis n'a débuté qu'au milieu des années 1980 au moment où la demande du marché s'est accrue et où des améliorations ont été apportées aux techniques d'élevage.

Le MPO et la province de la Colombie-Britannique ont approuvé l'introduction du pétoncle japonais dans les années 1980. Depuis, d'autres espèces de pétoncles, de palourdes, d'huîtres, de moules et, plus récemment, de panopes se sont ajoutées à la liste des espèces élevées à des fins commerciales en Colombie-Britannique.

1.2.2 Structure de l’industrie

L'industrie conchylicole en Colombie-Britannique compte moins de 300 producteurs. Il s'agit d'une industrie diversifiée, composée de petites entreprises, y compris des entreprises individuelles, et de sociétés intégrées plus grandes.

La plupart des permis de conchyliculture sont axés sur la phase de croissance du cycle aquacole. De nombreux producteurs achètent des semences et des naissains auprès d'écloseries, tandis que d'autres élèvent des naissains qui s'établissent de façon naturelle. Les animaux sont élevés jusqu'à atteindre une taille commercialisable et sont envoyés aux entreprises de transformation pour la production finale (nettoyage, tri par tailles, décorticage, emballage, etc.) et la commercialisation. Footnote 1 À l'heure actuelle, il existe environ 40 entreprises assurant la transformation des mollusques et des crustacés, dont le quart effectue des ventes à l'échelle internationale. La plupart des entreprises de transformation des mollusques et des crustacés sont de petites exploitations qui approvisionnent les marchés locaux.

1.2.3 État actuel des permis et des emplacements

Le MPO délivre actuellement des permis à environ 456 installations conchylicoles (2016) dont la production approximative par espèce est la suivante :

  Production de mollusques et de crustacés par espèce et poids (en tonnes) – 2009-2015
S.O. – données confidentielles – moins de trois sociétés ont déclaré les récoltes.
Espèce 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Palourdes 1 359 1 485 1 262 1 164 1 309 1 260
Huîtres 5 735 7 550 7 320 7 168 6 737 7 840 6 587
Moules 312 364 294 274 352 596 668
Pétoncles 385 695 271 201 92 99 20
Autres mollusques et crustacés 530 26 0 S.O. S.O. 0
TOTAUX 8 321 10 120 9 152 8 893 8 269 11 858 10 550

La conchyliculture se concentre généralement dans des zones près de la côte sud de la Colombie-Britannique, notamment sur la côte ouest de l'île de Vancouver dans le bassin de Géorgie (surtout dans le détroit de Baynes, sur l'île Cortes et dans le bras de rivière d'Okeover). Il existe également un petit nombre d'exploitations sur la côte centrale, près de Haida Gwaii et de Prince Rupert.

Dans l'ensemble, l'industrie conchylicole occupe environ 3 800 hectares en Colombie-Britannique. Une exploitation conchylicole moyenne occupe moins de neuf hectares et bon nombre d'entre elles font moins de deux hectares. Parmi les quelque 450 propriétés conchylicoles en Colombie-Britannique, environ la moitié dispose d'un permis d'élevage en eau profonde. Une liste de tous les détenteurs actuels de permis de conchyliculture peut être consultée sur le site Web du MPO : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/index-fra.html.

Map of 2016 Shellfish Aquaculture in BC
Version texte intégral de la carte

Carte de la conchyliculture de Colombie-Britannique en 2016, montrant les installations de conchyliculture qui ont obtenu un permis.

1.2.4 Espèces d'élevage

Aujourd'hui, plusieurs des mollusques et des crustacés élevés en Colombie-Britannique sont des espèces introduites ou la descendance d'espèces indigènes et introduites. Avant d'envisager l'introduction de toute nouvelle espèce non indigène, un examen important doit être effectué afin de veiller à ce que tout risque éventuel lié à l'introduction soit atténué. Les espèces de mollusques et de crustacés ci-après sont les espèces le plus activement élevées en Colombie-Britannique.

Espèces de mollusques et de crustacés autorisés pour l'aquaculture en Colombie-Britannique (en anglais), septembre 2015.
Nom courant ** Nom latin Type d'élevage
Palourde jaune Saxidomus giganteus Zones intertidales
Holothurie du Pacifique Parastichopus californicus Zone infratidale et suspendu
Moule bleue de la côte Est Mytilus edulis Suspendu
Huître américaine Crassostrea virginica Suspendu
Huître plate Ostrea edulis Suspendu
Moule gallo Mytilus galloprovincialis Suspendu
Panope du Pacifique Panopea generosa Zone intertidale, zone infratidale, suspendu
Peigne des roches géant Crassadoma gigantea Suspendu
Oursin vert Strongylocentrotus droebachiensis Suspendu
Fausse-mactre Tresus capax Zone intertidale
Pétoncle japonais Patinopecten yessoensis Suspendu
Huître Kumamoto Crassostrea sikamea Suspendu
Palourde du Pacifique Protothaca staminea Zone intertidale
Palourde japonaise Tapes philippinarum Zone intertidale
Bucarde de Nuttall Clinocardium nuttalli Zone intertidale, zone infratidale
Huître creuse du Pacifique Crassostrea gigas Zone intertidale, zone infratidale, suspendu
Pétoncle du Pacifique P. caurinus x yessoensis Suspendu
Pétoncle rose Chlamys rubida Suspendu
Oursin rouge Strongylocentrotus franciscanus Suspendu
Pétoncle épineux Chlamys hastata Suspendu
Peigne géant du Pacifique Patinopecten caurinus Suspendu
Moule bleue de l'ouest Mytilus trossulus Suspendu

*La liste des espèces dont l'élevage est autorisé en Colombie-Britannique peut changer au cours du temps.

La palourde lustrée (savoureuse) (Nuttalia obscurata), une espèce envahissante en Colombie-Britannique, peut être capturée mais ne peut pas faire l'objet d'un élevage.

Prises principales et accessoires d'espèces à faible risque

Les méthodes d'élevage en zone intertidale, infratidale ou suspendu peuvent permettre l'élevage de différentes espèces. Dans certains cas dans la zone couverte par un permis d'aquaculture, un aquaculteur est autorisé à retenir des espèces qui se sont établies de façon naturelle et ont grandi dans la concession ou l'installation.

La liste des espèces suivante est une liste générale des espèces d'élevage en zone intertidale et des espèces d'élevage suspendu en eau profonde. Les permis sont délivrés afin d'inclure toutes les espèces énumérées sur ces listes pour un type d'élevage particulier.

Espèces d'élevage en zone intertidale à faible risque :

Espèces d'élevage suspendu en eau profonde à faible risque :

1.2.5 Types d'élevage

1.2.5.1 Élevage intertidal

Les systèmes intertidaux comprennent l'élevage sur le fond marin (plage), dans lequel les mollusques et les crustacés sont transplantés directement dans le substrat, ainsi que l'élevage près du fond (épibenthique), la suspension au-dessus du substrat à l'aide de systèmes sur table et en sac et de palangres intertidales. Les huîtres peuvent être élevées dans les zones intertidales, y compris en alevinage dans un collecteur de naissains formé de coquilles, avant d'être transférées dans des eaux plus profondes pour leur croissance. La croissance de la plupart des palourdes se déroule dans les zones intertidales.

1.2.5.2 Élevage en zone infratidale

Certains mollusques et crustacés, comme la panope, peuvent être élevés sur le fond marin dans les zones intertidales ou infratidales. Pour l'exploitation en zone infratidale, les semences doivent atteindre une certaine taille dans une écloserie ou un environnement d'élevage avant d'être transférées à la main sur le fond marin à l'aide d'un semoir sous-marin automoteur ou placées dans des tubes enterrés dans le substrat. Une nappe de filet contre les prédateurs est souvent utilisée pendant les deux premières années de croissance lorsque les mollusques et les crustacés sont plus petits et peuvent se trouver plus près de la surface.

1.2.5.3 Élevage suspendu

La culture des huîtres et des autres bivalves passe de plus en plus aux systèmes en suspension qui se servent de radeaux flottants, de bouées et de palangres afin de suspendre les mollusques et les crustacés au-dessus du plancher océanique. Les huîtres des zones d'eau profonde peuvent avoir une croissance plus rapide que les huîtres des zones intertidales, bien qu'elles soient habituellement déplacées vers la plage afin d'être nettoyées et de durcir avant d'être vendues. Actuellement, en Colombie-Britannique, la totalité de l'élevage des moules et des pétoncles à des fins commerciales est réalisée à l'aide de systèmes d'élevage suspendu.

1.2.5.4 Infrastructure standard

En vertu du permis de conchyliculture, certains types de matériel d'élevage standard peuvent être introduits ou déplacés au sein de la zone couverte par le permis sans qu'il soit nécessaire de modifier le permis. Les types d'infrastructures communs sont considérés comme standard dans leurs zones de culture respectives, à condition que les habitats sensibles suivants soient évités : cours d'eau en zone intertidale, herbiers de zostère (Zostera sp.), zones de frai du poisson, espèces inscrites aux termes de la Loi sur les espèces en péril (espèces en voie de disparition, menacées ou préoccupantes), résidences ou habitats essentiels, marais salés, récifs rocheux, peuplements d'algues brunes, éponge siliceuse (Hexactinellidae) et complexes de coraux :

Zone intertidale :

Eau profonde :

Éléments de la gestion de la conchyliculture

Les éléments de la gestion de la conchyliculture peuvent inclure la production ou la collecte de semences, l'alevinage de mollusques et crustacés juvéniles, la croissance, la récolte, le transport et les importations. Chaque élément dispose de règles et de règlements particuliers qui ont trait à l'industrie de la conchyliculture.

1.2.6.1 Production de semence

La conchyliculture débute par la production de semences et de naissains. Bien que certains naissains d'huîtres soient recueillis à l'état sauvage en Colombie-Britannique (notamment dans le détroit de Pendrell) sous l'autorisation d'un permis d'accès, la tendance s'oriente vers une production accrue de semences et de naissains par l'entremise des écloseries à partir des stocks de géniteurs. La plupart des naissains de palourdes, de moules et de pétoncles de la province proviennent d'une écloserie. Les éleveurs peuvent se procurer des semences préalablement fixées (p. ex., attachées à un collecteur de naissains formé de coquilles ou à des tubes) ou les aquaculteurs peuvent placer les larves sur le site dans des réservoirs à l'aide de collecteurs. Les semences sont habituellement achetées au printemps ou au début de l'été afin de maximiser la croissance.

La plupart des semences et des larves d'huître ainsi que des semences de palourde achetées de nos jours par les conchyliculteurs de la Colombie-Britannique sont importées. Les lois fédérales interdisent l'introduction et le transfert (I et T) non autorisés de mollusques et de crustacés dans l'habitat du poisson au moment de l'ensemencement d'un site aquacole [voir les articles 54 à 57 du Règlement de pêche (dispositions générales)].

En vertu du Code national sur l'introduction et le transfert d'organismes aquatiques, le MPO délivre les permis d'I et T (conjointement avec la province de la Colombie-Britannique pour les espèces d'eau douce). Le Comité fédéral-provincial en matière d'I et T examine toutes les demandes de permis afin d'évaluer les risques écologiques, génétiques et de maladies, et peut imposer des mesures d'atténuation comme une condition de permis. Le Code national fournit des lignes directrices uniformes pour l'examen des demandes et les évaluations des risques. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le lien suivant : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/index-fra.html.

1.2.6.2 Alevinage

Une fois mises en place, les semences sont déplacées vers des systèmes d'élevage en alevinage en vue de protéger les juvéniles contre les salissures, les maladies et la prédation. Ces systèmes peuvent être terrestres, se trouver en zone intertidale ou suspendus, ou encore flotter avec circulation continue d'eau de mer (sous la forme de systèmes ascendants et descendants).

1.2.6.3 Croissance

En fonction de l'espèce, lorsque les semences atteignent une certaine taille, elles sont transférées dans une zone intertidale, une zone infratidale ou des installations d'élevage suspendu pour la phase de croissance finale. Selon les installations, diverses méthodes de croissance peuvent être utilisées, notamment la transplantation sur une plage, les sacs et les cages près du fond marin, ou le cordage et les plateaux suspendus à des palangres ou à des radeaux. Les principaux enjeux liés à la croissance comprennent le contrôle de l'incidence des prédateurs, l'envasement et la garantie de l'intégrité du site dans des conditions aquatiques difficiles. De plus, la qualité de l'eau (biotoxines, conditions sanitaires) a une grande importance pendant la phase de croissance.

1.2.6.4 Techniques de confinement et de suspension

Diverses pièces d'équipement sont utilisées pour assurer le confinement des mollusques et des crustacés pendant les étapes de l'élevage en alevinage et de la croissance, notamment des sacs et des cages en mailles, des plateaux, des tubes et des cordes, des boudins et des filets lanternes. Elles peuvent être suspendues depuis des radeaux ou des palangres, ou encore être déposées sur le substrat ou ancrées à celui-ci.

Les palangres constituent une méthode de suspension efficace pour plusieurs espèces d'élevage et semblent être plus stables que les radeaux dans les eaux agitées. Les radeaux ne conviennent pas à l'élevage des pétoncles en raison de la sensibilité du mollusque au mouvement et de la faible densité de mise en charge. Les séparateurs de liquide assurent un entreposage humide et peuvent également servir à la récolte des moules suspendues à des radeaux.

1.2.6.5 Récolte

Les mollusques et les crustacés matures sont récoltés manuellement ou mécaniquement. Les palourdes et les huîtres des zones intertidales, ainsi que la panope, sont principalement récoltées à la main (p. ex., à l'aide de râteaux ou de tubes), mais certains exploitants se servent de cueilleuses mécaniques. Un certain nombre d'ostréiculteurs de la Colombie-Britannique ont mis au point leurs propres machines de récolte pour l'élevage en suspension à partir d'équipement comme des élévateurs et des treuils hydrauliques.

1.2.6.6 Entreposage et manutention

Avant d'être envoyés dans une usine de transformation, les mollusques et les crustacés peuvent être entreposés temporairement dans une installation autorisée approuvée à cette fin. L'entreposage humide peut se faire dans les zones intertidales, à l'aide de sacs ou de sachets en mailles, et l'entreposage en eaux profondes peut être effectué à l'aide de filets, de sacs ou de séparateurs par liquide. Les éleveurs de moules peuvent également laver et séparer leurs produits avant de les expédier dans de l'eau propre non contaminée. Tous les mollusques bivalves doivent, en vertu de la loi, être débarqués à une usine de transformation sous réglementation fédérale.

1.2.6.7 Transport des mollusques et des crustacés

Les permis d'aquaculture délivrés en vertu du Règlement du Pacifique sur l'aquaculture permettent habituellement le déplacement des mollusques et des crustacés visés par les permis dans les zones assujetties aux conditions de permis. Dans certaines circonstances, les détenteurs de permis de conchyliculture peuvent aussi transférer les mollusques et les crustacés entre différents lieux, tel qu'il est indiqué ci-dessous.

En ce qui a trait aux panopes et aux holothuries, un permis d'I et T est nécessaire, même pour les activités de transfert au sein d'une même zone, comme lors du transport d'un stock de reproduction à l'écloserie ou d'un stock juvénile sur les sites d'aquaculture autorisés.

Pour le transfert entre les zones de transfert des mollusques et des crustacés qui ne sont pas définies dans le permis, pour le transfert d'une espèce non inscrite au permis ou dans des circonstances où il est impossible de satisfaire aux conditions de permis, un permis d'I et T distinct est requis. Une carte présentant les zones de transfert des mollusques et des crustacés se trouve en ligne à l'adresse suivante : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/aquaculture/maps-cartes-fra.html#Shellfish_Transfer.

Les demandes de permis d'I et T doivent être présentées au Comité des introductions et des transferts à l'adresse suivante : famitc@dfo-mpo.gc.ca.

De plus amples renseignements sur les introductions et les transferts sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/index-fra.html.

1.2.6.8 Importations de mollusques et de crustacés

En plus d'un permis d'I et T, l'ACIA exige que les aquaculteurs qui importent des mollusques et des crustacés obtiennent un permis d'importation en vertu du Règlement sur la santé des animaux pour les semences et les larves des « espèces vulnérables » de mollusques et de crustacés inscrites. Dix des espèces de conchyliculture visées par un permis de la Colombie-Britannique se trouvent désormais sur la liste, dont l'huître creuse du Pacifique, la palourde japonaise ainsi que la moule bleue et la moule gallo. Cette exigence en matière de permis est entrée en vigueur le 1er mars 2011.

Il incombe aussi aux importateurs de s'assurer qu'ils répondent aux exigences fédérales, provinciales et municipales en ce qui concerne l'importation. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le processus d'importation et les exigences de l'ACIA, veuillez consulter le lien suivant : http://www.inspection.gc.ca/animaux/animaux-aquatiques/importation/fra/1299156741470/1320599337624.

1.3 Profil économique du secteur de la conchyliculture

Le Canada se classe au 26e rang des plus grands producteurs aquacoles au monde, principalement en raison de la production de poisson.Footnote 2

La production aquacole est assurée dans tout le Canada, même si la majeure partie se déroule dans les provinces de l'Atlantique et en Colombie-Britannique. En 2013, la production aquacole canadienne a atteint une valeur du produit final d'environ un milliard de dollars, et les mollusques et les crustacés représentaient 10 % de ce montant.

La Colombie-Britannique est la deuxième province productrice de mollusques et de crustacés d'élevage en importance au Canada après l'Île-du-Prince-Édouard, totalisant environ le tiers de la valeur à la ferme des mollusques et des crustacés. Elle est aussi la première province canadienne productrice de palourdes, d'huîtres et de pétoncles en importance. Footnote 3

En 2011, la contribution de la production conchylicole au produit intérieur brut (PIB) de la Colombie-Britannique s'élevait à près de 16 millions de dollars provenant des dépenses (p. ex., équipement). Footnote 4 Footnote 5 Ce montant représente environ 9 % de la contribution de l'aquaculture au PIB de la province, mais moins de 0,01 % du PIB de toutes les industries provinciales. Bien que des estimations détaillées ne soient pas disponibles, l'aquaculture a également des répercussions indirectes supplémentaires sur l'économie, en raison des dépenses des fournisseurs et des retombées induites, étant donné que les employés des entreprises aquacoles et leurs fournisseurs dépensent leurs revenus. La transformation réalisée ailleurs qu'à la ferme offre également des avantages économiques.

La production de mollusques et de crustacés d'élevage en Colombie-Britannique a connu une importante croissance au cours des deux dernières décennies. Malgré cette croissance, les mollusques et les crustacés d'élevage ne représentent encore que 3 % de la valeur au débarquement et à la ferme de la récolte totale de fruits de mer en Colombie-Britannique et environ 4 % de la valeur à la ferme de l'aquaculture marine dans la province. Footnote 6 La conchyliculture s'est accrue par rapport à la pêche sauvage et représente maintenant environ 15 % de la valeur débarquée à la ferme et en gros des mollusques et des crustacés dans la province, et environ 37 % du volume.

Valeur à la ferme de la production aquacole canadienne, par province (2013) – 963 M$
Valeur à la ferme de la production aquacole canadienne, par province (2013) – 963 M$
Valeur à la ferme de la production aquacole canadienne, par province (2013) – 963 M$
Newfoundland et Labrador 20,5%
Colombie britannique 52,7%
Québec 1,2%
Nouveau-Brunswick 12,8%
Nouvelle-Écosse 5,6%
Île-du-Prince-Édouard 4,3%
Ontario 1,9%
Prairies 1,0%

Le secteur conchylicole de la Colombie-Britannique a connu une croissance particulièrement rapide dans les années 1990. Entre 1990 et 1999, la production est passée de 4 600 à 6 700 tonnes (une augmentation de 46 %) et la valeur à la ferme réelle (ajustée en fonction de l'inflation) a plus que doublé alors que les marchés se sont renforcés et que les prix ont augmenté. Footnote 7 Au cours de la dernière décennie (2004-2013), le volume de la production a diminué de 20 %, a augmenté de 48 %, et la valeur à la ferme réelle s'est accrue de 40 %, passant à 22 millions de dollars (en dollars de 2013).

Entre 2004 et 2013, la valeur en gros réelle des mollusques et des crustacés d'élevage a augmenté de 29 %, passant à 41,1 millions de dollars (en dollars de 2013). Une part importante de la croissance du secteur provient des espèces autres que les huîtres, principalement les palourdes. En 1990, les palourdes représentaient 1 % de la production et 4 % de la valeur à la ferme. En 2000, elles représentaient 15 % de la production et 49 % de la valeur à la ferme. Pendant la décennie suivante, d'autres espèces de mollusques et de crustacés ont gagné en importance, si bien que, en 2013, les palourdes représentaient toujours 15 % de la production, mais seulement 38 % de la valeur à la ferme. En 2013, ces autres espèces représentaient 5 % de la production et 11 % de la valeur au débarquement. Les huîtres continuent de représenter la majeure partie de la valeur en gros des mollusques et des crustacés d'élevage, soit plus de 51 % en moyenne au cours des dix dernières années. L'écart entre la part de la valeur à la ferme et celle de la valeur en gros reflète le degré de transformation plus élevé pour la majorité de l'ostréiculture. Footnote 8

Le secteur aquacole de la Colombie-Britannique a fourni, en moyenne, environ 1 600 emplois par année entre 2007 et 2011, mais on ne connaît pas la répartition entre les poissons et les mollusques et crustacés

Real Farmgate Value of Cultured Shellfish in BC and Real Wholesale Value of Cultured Shellfish in BC (millions of 2013 dollars)
Real Farmgate Value of Cultured Shellfish in BC and Real Wholesale Value of Cultured Shellfish in BC (millions of 2013 dollars)

1.4 Emploi

Le secteur aquacole de la Colombie-Britannique a fourni, en moyenne, environ 1 600 emplois par année entre 2007 et 2011, mais on ne connaît pas la répartition entre les poissons et les mollusques et crustacés. Footnote 9 Footnote 10

Un sondage de 2003 sur l'emploi lié à l'aquaculture de la province a servi de base aux estimations antérieures des emplois et des postes à temps plein liés à l'aquaculture en Colombie-Britannique. Footnote 11

Comparativement à d'autres industries fondées sur les ressources, dont la salmoniculture, l'élevage des mollusques et des crustacés est plus exigeant en main-d'œuvre, mais les emplois sont habituellement saisonniers. Selon cette méthodologie, la conchyliculture aurait généré 320 années-personnes (AP) en emplois directs par année entre 2007 et 2011, soit environ 20 % des emplois dans le domaine de l'aquaculture.Footnote 12

Alors que l'emploi en aquaculture en général tend à se poursuivre toute l'année par rapport à d'autres secteurs (p. ex., la pêche sauvage), la conchyliculture compte habituellement plus de travailleurs saisonniers que la pisciculture. Environ la moitié des emplois en aquaculture sont occupés par des travailleurs de moins de 30 ans. On estime que l'élevage de mollusques et de crustacés emploie directement plus de 100 personnes dans le secteur du détroit de Baynes.Footnote 13

En plus des emplois directs, les dépenses des entreprises aquacoles ont des retombées indirectes sur l'emploi dans l'économie. Les estimations de ces répercussions varient entre environ 60, selon les multiplicateurs généraux, et près de 600 emplois. Footnote 14 La très grande majorité des emplois directs et indirects se situent dans les communautés rurales, côtières et des Premières Nations. Étant donné que ces secteurs ont été les plus durement touchés par le ralentissement de l'industrie forestière et de la pêche, l'aquaculture peut jouer un rôle dans la revitalisation du développement économique et permettre de veiller à ce que les jeunes demeurent dans leur collectivité.

1.5 Marchés et prix

Real Farmgate Value of Cultured Shellfish in BC (2014 dollars)
Real Farmgate Value of Cultured Shellfish in BC and Real Wholesale Value of Cultured Shellfish in BC (millions of 2014 dollars)

La conchyliculture de la Colombie-Britannique est axée sur les exportations, alors que plus des trois quarts des palourdes et des huîtres d'élevage sont destinés aux marchés étrangers, principalement sur la côte Ouest des États-Unis. Les marchés de mollusques et de crustacés ont habituellement une portée régionale en raison des coûts de transport élevés par unité et des défis que pose l'expédition d'un produit vivant. Cependant, les espèces de grande valeur, comme la panope, sont vendues en Chine et au Japon.

La Colombie-Britannique joue uniquement un rôle mineur dans les exportations de mollusques et de crustacés d'élevage, et les producteurs doivent faire face à la concurrence du Nord-Ouest Pacifique des États-Unis et, à l'échelle internationale, de pays comme la Chine, le Chili, le Mexique et la Nouvelle-Zélande. L'industrie conchylicole de l'État de Washington, par exemple, est environ six fois plus importante que celle de la Colombie-Britannique.

Les prix des mollusques et des crustacés varient grandement selon l'espèce, comme le démontre la figure ci-dessus. On a accordé aux espèces dont l'élevage est récent, comme la panope, un prix plus élevé qu'aux premières espèces élevées, comme la palourde japonaise. Les prix sont demeurés plutôt stables pour les principales espèces d'élevage, soit l'huître creuse du Pacifique et la palourde japonaise.Footnote 15 Cela indique qu'il s'agit de produits de base, en particulier les huîtres qui sont vendues sur les marchés américains fortement concurrentiels.

Étant donné qu'ils dépendent des ventes à l'exportation, les prix sont sensibles aux fluctuations des taux de change. La dépréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain peut apporter du soutien aux producteurs de la Colombie-Britannique.