Manger des mollusques contaminés peut causer la mort :
renseignez-vous sur les
zones
coquillières fermées pour cause de phycotoxines paralysantes (marée rouge)!

Photo de Noctiluca scintillans, une prolifération d'algues qui ne cause pas la phycotoxine paralysante
Agents : toxines paralysantes (PSP)
Classification : biotoxines marines
Produits de la pêche touchés :
myes, palourdes et mactres; moules; buccins, natices et bigorneaux; huîtres; pétoncles entiers; hépatopancréas ou tomalli des crabes et des homards.
Modes de contamination et pouvoir pathogène
L'intoxication par les toxines paralysantes est causée par la consommation de mollusques ou de l'hépatopancréas de certains crustacés après que ces animaux aient absorbé des dinoflagellés toxiques, organismes unicellulaires microscopiques qui forment une partie importante du plancton océanique. Pendant les efflorescences, c'est-à-dire les périodes de prolifération du phytoplancton, les coquillages filtreurs comme les myes et les moules accumulent les toxines des dinoflagellés dont ils se nourrissent. La vitesse d'absorption et d'élimination des toxines varie énormément d'une espèce à l'autre, et dépend de nombreux facteurs. Quoi qu'il en soit, il faut savoir que certaines espèces (p. ex. la palourde jaune) peuvent retenir les toxines longtemps après la fin de l'épisode de prolifération.
Des cas d'intoxication par les toxines paralysantes sont survenus dans le monde entier. Au Canada, les principales espèces de dinoflagellés associées à de tels empoisonnements appartiennent au genre Alexandrium, qu'on appelait auparavant Gonyaulax.
Un groupe de toxines apparentées, les PSP, est en cause, dont la plus connue est la saxitoxine (STX). Au total, il existe 18 à 24 toxines connues, soit le composé de base, la STX, et ses dérivés. L'abondance relative de chaque toxine varie avec l'espèce et la souche de dinoflagellé. Tandis que les gonyautoxines (GTX) semblent prédominer dans la baie de Fundy, la saxitoxine serait plus fréquente en Gaspésie (Québec). La STX est la principale toxine chez certaines espèces de Colombie-Britannique.
Les toxines paralysantes sont relativement thermostables, et il ne faut pas compter sur les méthodes normales de cuisson ou de mise en conserve pour éliminer la toxicité d'un produit contaminé. La cuisson normale ne réduit pas la concentration de toxines dans les mollusques bivalves comme les myes et les moules, mais le passage à l'autoclave peut le faire dans une certaine mesure.
Analyses et résultats
Le test-souris est la méthode la plus couramment utilisée dans le monde pour la recherche régulière de ces toxines dans les coquillages, et c'est la méthode acceptée au Canada selon la réglementation. On utilise dans cette épreuve des étalons de saxitoxine purifiée. Les résultats sont exprimés en microgrammes d'équivalent saxitoxine par 100 g de chair de coquillage (µg/100 g).
Seuils d'intervention
La récolte, la transformation et la vente de mollusques présentant une concentration de toxines paralysantes de moins de 80 µg/100 g de chair sont autorisées.
En ce qui concerne les pétoncles avec corail, la concentration de toxines paralysantes doit être inférieure à 80 µg/100 g de gonades.
La récolte de mollusques destinés à la mise en conserve est autorisée dans les régions où les résultats des tests se situent entre 80 et 160 µg/100 g, et où les contenants sont soumis à une analyse avant la mise en vente. Sur la côte du Pacifique, la mise en conserve de palourdes jaunes renfermant jusqu'à 300 à 500 µg/100 g a été autorisée, dans la mesure où cette opération est effectuée sous permis et où les siphons sont enlevés et jetés.
Caractéristiques de la maladie
Les personnes qui consomment des mollusques bivalves (coquillages comme les palourdes, les myes, les huîtres, les pétoncles et les moules, entre autres) doivent reconnaître les symptômes de l’intoxication par la phycotoxine paralysante. Le premier signe d’empoisonnement est une sensation d’engourdissement ou de picotement dans les lèvres et la langue, sensation qui se propage aux doigts et aux orteils. Ces symptômes sont suivis par une perte de coordination musculaire et aboutissent à la paralysie et à une incapacité à respirer.
Les premiers signes d'empoisonnement par une toxine paralysante qui sont généralement une sensation de picotement ou d'engourdissement autour des lèvres, ont un délai de 5 à 30 minutes après l'ingestion, sensation qui s'étend graduellement au visage et au cou; des picotements au bout des doigts et des orteils, ainsi qu'un mal de tête et des vertiges. En cas d'intoxication modérée à grave, les symptômes sont les suivants : incohérence du discours, progression des sensations de picotement dans les bras et les jambes au bout de 4 à 6 heures, raideur et manque de coordination des membres, faiblesse générale avec légère difficulté respiratoire et pouls rapide. On observe parfois d'autres symptômes : sensation de légèreté (impression de flotter), salivation, soif intense et cécité temporaire. Les symptômes gastrointestinaux (nausée, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales) sont moins courants. La plupart des victimes sont calmes et conscientes de leur état tout au long de la maladie. En cas d'absorption d'une grande quantité de toxines, la paralysie des muscles respiratoires peut provoquer un arrêt de la respiration et la mort dans les 2 à 12 heures après la consommation.
Dès l'apparition des premiers symptômes, communiquez avec le centre antipoisons au 1-800-567-8911 pour connaître les premiers soins à prodiguer et consultez immédiatement un médecin.
Parmi les espèces de bivalves, ce sont les palourdes jaunes et les pétoncles
qui retiennent le plus longtemps la phycotoxine paralysante – parfois plus
d'un an. Le poison se concentre généralement dans le siphon et les branchies
des palourdes jaunes. Il est donc recommandé à titre de précaution, quand on
fait ouvrir des palourdes jaunes à la vapeur, de rejeter le siphon, les
branchies et le liquide produit pendant la cuisson.
Moyens de prévention
La prudence dans la récolte constitue le moyen de prévention le plus efficace : les mollusques bivalves ne doivent être capturés que dans les zones coquillières ouvertes.
Dans le cadre du Programme canadien de contrôle de la salubrité des mollusques, on effectue dans toutes les zones de récolte des analyses régulières pour y détecter la possible présence de toxines paralysantes.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter la page du Programme canadien de contrôle de la salubrité des mollusques (site de l'Agence canadienne d'inspection des aliments).