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Avenir de la salmonculture en Colombie-Britannique - vers un plan de transition des parcs in filet : Cadre de discussion

Table des matières

Nouveau cadre pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique

Le saumon sauvage du Pacifique est une espèce emblématique ayant une très grande valeur environnementale et culturelle tant pour les peuples autochtones que pour tous les habitants de la Colombie-Britannique (C.-B.), et qui fait face à des menaces historiques. La santé et le bien-être du saumon sont d'une grande importance, en raison de leur nombre en déclin les gouvernements et les partenaires doivent prendre des mesures audacieuses pour rétablir et renforcer leurs populations. Le saumon sauvage est soumis à de nombreux facteurs de stress, qui ont un effet cumulatif sur sa santé. L’évolution des données scientifiques et une approche prudente doivent continuer à guider la compréhension et la stratégie de gestion du gouvernement du Canada.

Les espaces océaniques de la Colombie-Britannique soutiennent une industrie florissante de salmoniculture marine, qui contribue grandement à l'économie et à la sécurité alimentaire du Canada. L'aquaculture est la principale exportation agricole de la Colombie-Britannique, sa production représente 60 % de la production totale de saumon du CanadaNote de bas de page 1. Cependant, les Canadiens ont des opinions polarisées sur les avantages et les risques de l'élevage du saumon dans des parcs en filet le long de la côte de la Colombie-Britannique. Un corpus de données scientifiques et d’études scientifiques rigoureux et en constante évolution continue de fournir de nouvelles données sur les interactions entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage.

En 2019, puis de nouveau 2021, la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne a reçu le mandat de continuer à travailler avec la Province de la Colombie-Britannique et les communautés autochtones sur un plan responsable de transition de l'élevage du saumon en parcs en filet sur la côte de la Colombie-Britannique d'ici 2025. Pêches et Océans Canada (MPO) a été chargé de travailler en collaboration avec des partenaires, notamment la Province de la Colombie-Britannique, les communautés autochtones et les chefs de file de l'industrie, pour élaborer un plan de transition des parcs en filet. L'avenir de la salmoniculture en Colombie-Britannique – Vers un plan de transition des parcs en filet fournit un cadre pour assurer que cet engagement du mandat ministériel sera respecté.

OAu cours de la prochaine année, le MPO engagera une stratégie de participation en plusieurs étape avec les Premières Nations, le secteur de l'aquaculture, la Colombie-Britannique, les communautés, les universités et les organisations de conservation à se mobiliser qui seront invités à fournir des commentaires sur ce qui devrait être inclus dans un plan de transition des parcs en filet, et à travailler en collaboration pour mettre au point un plan. Ce cadre propose une démarche qui présente son rayon d’action et un calendrier. Chaque phase de cette participation permettra de réfléchir sur les commentaires fournis par les Britanno-Colombiens, ajoutant ainsi à chaque fois des informations supplémentaires permettant de se faire une idée du plan définitif. D'ici la fin de l'année prochaine, un plan définissant clairement une proposition de transition des parcs en filet sera préparé pour l'industrie salmonicole de la Colombie-Britannique.

Ce cadre propose une vision pour le plan de transition des parcs en filet :

Faire progresser l'innovation et l’essor d’une aquaculture durable en Colombie-Britannique de façon à réduire au minimum progressivement ou à éliminer les interactions entre les parcs en filet d’élevage de saumon et le saumon sauvage tout en tenant compte des objectifs sociaux, culturels et économiques.

Ces dernières années, le MPO a organisé la participation des Premières Nations et des parties prenantes pour examiner les sujets pertinents et les plus importants pour cette transition, tels que la santé des poissons, le rôle de la technologie dans le soutien pour une aquaculture durable des poissons et le rôle que des approches de gestion par zone peut offrir. La vision est guidée par les commentaires reçus lors de ces rencontres et par les comptes rendus précédents, notamment les rencontres organisées par l'ancien secrétaire parlementaire Terry Beech entre 2020 et 2021 avec les Premières Nations, les communautés, les groupes d'intérêt, le public et les parlementaires, et une série de tables rondes au printemps 2022 avec la ministre Joyce Murray.

Pour mettre en œuvre la vision proposée, le Plan de transition sera structuré autour de quatre objectifs qui transformeraient l'industrie de la salmoniculture en Colombie-Britannique :

  1. Transition de la salmoniculture en parcs en filet : Pour l’industrie actuelle de la salmoniculture marine, créer un climat réglementaire qui encouragera l’adoption de technologies et d’outils de production alternatifs dans le but de réduire au minimum progressivement ou d’éliminer les interactions entre le saumon d’élevage et le saumon sauvage
  2. Confiance et transparence : Améliorer la confiance et la transparence dans les processus d’évaluation et d’utilisation des nouvelles données scientifiques, qui démontrent une amélioration observable et quantifiable du rendement et sa viabilité, veillant ainsi à ce que les Canadiens aient confiance dans la gestion de l'aquaculture
  3. Réconciliation et partenariats avec les Autochtones : Soutenir une plus grande participation des Premières Nations dans la gestion de l'aquaculture, notamment par la planification et la prise de décision en collaboration
  4. Essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique : Adopter une stratégie pangouvernementale pour attirer les investissements et faire progresser l'innovation et le développement de nouveaux systèmes de technologie de production de remplacement, notamment l'élevage en parcs clos, pour faire de la C.-B. un leader mondial d’une aquaculture innovante qui réduit les effets sur l’environnement

Le Plan de transition détaillera l’ensemble prévu et quantifiable d’indicateurs pour le type, la portée et la périodicité des résultats en vue de réduire au minimum progressivement ou d'éliminer les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage, et la transition des méthodes actuelles de production dans les parcs en filet. Il s'appuiera sur les travaux réalisés pour améliorer la performance environnementale de l'industrie, puis adoptera une approche prudente et rigoureuse parallèlement aux efforts du Ministère visant à rétablir les stocks de saumon sauvage du Pacifique.

À travers sa réalisation et sa mise en œuvre, le Plan de transition montrera clairement comment le gouvernement évalue les derniers travaux des recherches scientifiques, et comment il évalue et intègre les risques dans sa méthode de gestion adaptative.

Le gouvernement du Canada voit cette transition comme une occasion pour le secteur de la salmoniculture d'être un chef de file de l'économie bleue du Canada, mais il est important que cela soit d’une façon durable qui réduise au minimum progressivement ou élimine clairement le potentiel des risques pour le saumon sauvage. Pour soutenir la réconciliation, ce plan abordera les possibilités de mieux mobiliser et faire participer les Autochtones à la gestion de l'aquaculture.

Phases de participation et de consultation

Ce document-cadre accompagne les prochaines phases de participation et de consultation sur la réalisation d'un plan de transition. Il donne un aperçu des options permettant de réaliser cette vision, tout en accueillant les contributions innovantes au fur et à mesure de la progression de ces phases de participation et de consultation. Les participations et les consultations se feront progressivement de fin juillet 2022 à mars 2023.

Phase 1 (Fin juillet à septembre 2022)
La première phase consiste à communiquer les informations et les premières suggestions sur le Cadre, recueillies pendant les ateliers virtuels et les consultations en ligne. Les invitations aux ateliers virtuels seront envoyées par courriel aux Premières Nations, aux organisations autochtones, à l'industrie, aux groupes concernés par la conservation et aux gouvernements locaux de la Colombie-Britannique. Un sondage en ligne sera ouvert aux commentaires du public sur le site Internet Consultations et participations dans la Région du Pacifique du MPO.
Phase 2 (Septembre à décembre 2022)
La deuxième phase offrira des occasions de dialogues approfondis et d'échange d’idées par le biais d'ateliers, de tables rondes et de réunions. Des invitations seront envoyées par courriel aux Premières Nations et aux intervenants en septembre pour les inviter à participer aux dialogues ciblés de la phase 2. Le MPO reconnaît que de nombreuses Premières Nations de la Colombie-Britannique, qu'elles aient ou non des activités salmonicoles sur leur territoire, voudront peut-être participer à ce dialogue. Au cours de cette phase, des informations plus détaillées sur les recommandations à inclure dans le Plan de transition définitif seront présentées.
Phase 3 (Janvier à mars 2023)
Toutes les Premières nations intéressées souhaitant poursuivre le dialogue avec le MPO pourront rejoindre la phase 3, afin de s'assurer qu'elles sont réellement consultées et engagées dans les discussions en rapport avec les résultats potentiels d'un plan de transition. Cette phase garantira également que tous les groupes de parties prenantes ont la possibilité d’écouter les commentaires des autres groupes et d’y répondre.
Phase 4 (Mars à Juin 2023)
Les consultations se poursuivront durant la phase 4, mais cette période sera plus axée sur la résolution de préoccupations spécifiques, la prise en compte des points de vue sera vivement encouragée pendant la rédaction du plan de transition définitif.

De plus amples détails sur la participation et la consultation seront disponibles sur le site Internet du MPO. Lorsque chaque phase de participation sera terminée, les documents relatifs au processus de participation seront mis à jour et communiqués aux Premières Nations et aux parties prenantes. Ces participations et ces consultations par phases encourageront de manière significative la prise en compte des points de vue pendant l'élaboration collaborative d’un plan de transition définitif. Une fois qu'un plan de transition sera au point en juin 2023, le gouvernement du Canada a l'intention de dialoguer davantage avec les Premières Nations et les parties prenantes sur les prochaines phases de mise en œuvre du plan.

Travailler ensemble

Encourager la réconciliation

Le gouvernement du Canada s’est résolument engagé sur la voie de la réconciliation avec les peuples autochtones. Le Premier ministre a demandé aux ministres du Cabinet de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) et de travailler en partenariat avec les peuples autochtones pour faire progresser leurs droits. Le gouvernement du Canada est conscient que les Premières Nations de la Colombie-Britannique ont des opinions diverses sur la façon dont ces droits se recoupent avec les décisions futures concernant la salmoniculture dans les parcs en filet. Le gouvernement travaillera avec les Premières Nations pour comprendre leurs intérêts et leurs priorités pour un plan de transition et sa mise en œuvre. Cela s'applique aux Premières Nations historiquement dépendantes du saumon à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR) des cours d’eau (douce) des territoires côtiers et non côtiers.

Le gouvernement du Canada reconnaît que les Premières Nations font valoir le droit d'évaluer et de définir leur relation avec l'industrie aquacole. Pour les Premières Nations ayant des accords de partenariat avec des entreprises aquacoles, cela peut signifier le maintien de partenariats locaux, qui contribuent aux opportunités économiques pour leurs communautés. Le MPO a noté que certaines Premières Nations estiment qu'il est important qu’elles aient la capacité de faire de la recherche en aquaculture, de surveiller sur leurs territoires les activités aquacoles et les activités liées au saumon sauvage, et d’avoir un rôle dans la gestion. Pour les Premières Nations préoccupées par les répercussions qui pèsent sur les populations de saumon sauvage en migration, cela peut inclure une participation axée sur la recherche scientifique et l'intendance. Ces points de vue devraient faire partie des discussions en rapport avec l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de transition.

Participation et transparence dans l’élaboration d’un plan de transition

La Province de la Colombie-Britannique, les Premières Nations, les gouvernements locaux, l'industrie et d'autres parties ont tous un rôle à jouer dans l'élaboration d'un plan de transition. Un comité de surveillance stratégique et un groupe de travail technique collaboratifs ont été formés pour réunir le MPO, la Province de la Colombie-Britannique et les Premières Nations, afin de guider l'élaboration d'un plan. Chaque Première Nation aura l'occasion de participer, sur une base bilatérale, tout au long du processus pour aider à définir comment un plan de transition est élaboré et mis en œuvre, et comment il se rapporte à leurs droits. Des groupes importants tels que l'industrie et les gouvernements locaux y participeront tout au long du processus. Les commentaires reçus permettront l'élaboration d'un plan de transition qui répondra aux besoins de toutes les parties.

La salmoniculture comme partie intégrante de l’économie bleue de la Colombie-Britannique

SLa salmoniculture contribue de manière importante à l'économie de la Colombie-Britannique. Le but de cette proposition de plan de transition est de s'assurer que le secteur cause très peu ou pas de dommages à l'environnement, et en particulier aux stocks de saumon sauvage du Pacifique, permettant ainsi au secteur de perdurer de manière viable. La mise en œuvre de ce plan de transition sera importante pour les quelque 1 650 personnes qui sont directement employées dans l'industrie de l'aquaculture en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 2, celles qui sont employées dans la récolte et la transformation du saumon sauvage, et bien d'autres qui sont employées dans des domaines connexes, notamment les entreprises appartenant à des Autochtones.

La salmoniculture offre aux Premières Nations et aux communautés côtières de la Colombie-Britannique des possibilités économiques stables et prévisibles tout au long de l'année. Ce secteur est une source importante d'emplois pour les Premières Nations, les peuples autochtones représentant environ 30 % de la main-d'œuvre des quatre plus grandes entreprises salmonicolesNote de bas de page 3. Un grand pourcentage du saumon d'élevage est élevé dans des zones où les Premières Nations ont conclu une forme d'entente avec les exploitants aquacoles. De tels accords présentent une série d'avantages, comme le partage d'informations, le soutien financier, et la création d'emplois. De nombreuses entreprises appartenant à des Autochtones soutiennent également l'industrie de l'aquaculture par le biais d'activités telles que le lavage des filets, le transport de marchandises, les bateaux-taxis, les navires de récolte sous contrat, et la transformation à valeur ajoutée. Dans un certain nombre de cas, les Premières Nations possèdent les tenures des emplacements où les entreprises aquacoles détiennent des permis.

Réflexions sur un plan de transition

Les Canadiens ont des opinions bien arrêtées et polarisées sur les avantages et les risques de la salmoniculture dans des parcs en filet en Colombie-Britannique, et sur ce qui devrait constituer un plan de transition responsable. Le principal impératif est d'appliquer les résultats scientifiques disponibles les plus sérieux et une approche prudente afin de réduire les risques potentiels, de garantir une faible incidence sur l’environnement et la viabilité. Un plan de transition doit tenir compte d'autres facteurs essentiels tels que les risques et les effets environnementaux, les délais et la viabilité du développement technologique, la science nouvelle et émergente, la compétitivité et la viabilité de l'industrie, les facteurs sociaux et culturels, les considérations économiques communautaires, les connaissances autochtones, les relations entre les gouvernements autochtones, provinciaux et fédéral, et les commentaires des parties prenantes.

Les objectifs proposés ci-dessous décrivent des actions audacieuses qui pourraient être entreprises sur quatre fronts : transition de l'aquaculture dans des parcs en filet, confiance et transparence, réconciliation et partenariats, et essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique. Le reste de ce document présente une approche possible pour chacun de ces éléments du plan de transition, constituant ainsi le fondement de la participation. Au cours des prochains mois, grâce à la participation et à la consultation, des informations supplémentaires seront intégrées à ces objectifs pour créer une proposition de plan de transition des parcs en filet.

Objectif 1 - Transition de la salmoniculture en parcs en filet

Le premier objectif d'un plan de transition est : Transition de la salmoniculture en parcs en filet.

Pour l’industrie actuelle de la salmoniculture marine, créer un climat réglementaire qui encouragera l’adoption de technologies et d’outils de production alternatifs dans le but de réduire au minimum progressivement ou d’éliminer les interactions entre le saumon d’élevage et le saumon sauvage.

Table : Changement stratégique pour l'objectif 1 - Transition de la salmoniculture en parcs en filet

Changement stratégique Viabilité accrue du secteur de la salmoniculture
De Les nouvelles informations scientifiques qui nous parviennent ont soulevé un certain nombre de préoccupations concernant les facteurs de stress liés à l'aquaculture, tels que le transfert d'agents pathogènes et de maladies. Une majeure partie des Britanno-Colombiens considère l’aquaculture pratiquée en parcs en filet comme un risque auquel s’exposent le saumon sauvage et l’environnement.
À Une industrie salmonicole viable et innovante, soutenue par des résultats scientifiques rigoureux, qui démontre son leadership en matière d’environnement et crée la confiance du public.
Approche
  • Utilisation d'outils réglementaires (p. ex. permis) pour exiger l'adoption de technologies de production de remplacement pour les installations marines, comprenant les parcs clos et semi-fermés, qui réduisent au minimum progressivement ou éliminent les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage. Élimination graduelle d'un certain nombre de permis de salmoniculture s'ils ne respectent pas les nouvelles normes.
  • Les installations terrestres élèvent des saumoneaux plus gros qui nécessitent moins de temps dans le milieu marin pour atteindre la taille commerciale, et/ou, des installations terrestres qui élèvent entièrement du saumon et d'autres espèces à la taille du marché.
  • Gestion et planification stratégiques de l'aquaculture par zone qui tiennent compte des interactions avec les poissons sauvages, des voies de migration et des calendriers, qui coordonne le stockage, le traitement et la mise en jachère, et améliore la participation des gouvernements locaux, provinciaux et des Premières Nations.
  • Surveillance rigoureuse du saumon d'élevage et du saumon sauvage pour les parasites et les agents pathogènes associés aux activités aquacoles, avec des rapports publics clairs et une rétroaction à la gestion et à la prise de décision.

La participation et les résultats de la recherche montrent qu'une transition de la salmoniculture dans des parcs en filet vers des technologies alternatives de production durable nécessite un environnement réglementaire qui soutiennent l'innovation. L'une des principales recommandations du groupe de travail technique de l'Organe consultatif multipartite autochtone (OCMA) sur les technologies de production alternatives de salmonidés visait à établir un cadre pour les autorisations et la réglementation avec des exigences, des normes de service, et des durées de permis claires pour attirer les investissementsNote de bas de page 4. Par ailleurs, le rapport Avant-garde des technologies de l'aquaculture du saumon recommandait un cadre législatif et réglementaire clair, pour soutenir le développement futur des technologies de production. Il note aussi que les approbations pour une plus grande production de biomasse, en particulier dans le milieu marin, peuvent encourager la croissance et l'innovation, mais doivent être liées à des exigences de performances plus élevées des nouvelles technologies de productionNote de bas de page 5. Les commentaires de diverses parties prenantes et groupes autochtones ont incité le MPO à établir des objectifs clairs, puis à permettre à l'industrie de trouver des moyens novateurs d'atteindre ces objectifs.

Grâce à une participation antérieure, comme la première participation à un plan de transition organisée par l'ancien secrétaire parlementaire Terry Beech, le MPO a noté que l'investissement dans les nouvelles technologies exigeait de la certitude pour les entreprisesNote de bas de page 6. Une voie de transition claire et définie, avec des critères de réussite transparents, est essentielle et devrait mobiliser toutes les personnes concernées, notamment la Province de la Colombie-Britannique, les Premières Nations, l'industrie, les gouvernements locaux et d'autres parties prenantes. Plutôt que d'imposer l'utilisation d'une technologie spécifique, un plan de transition devrait encourager l'adoption de nouveaux outils de gestion qui nécessitent que les interactions avec le saumon sauvage soient réduites au minimum progressivement ou éliminées. Le but de cette approche serait de définir les améliorations de la performance environnementale, qui se feraient progressivement et qui apporteraient la preuve d’une réduction au minimum progressive ou d’une élimination des interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage.

Une option pour encourager l'innovation recommandée par le rapport du Groupe de travail technique sur les technologies de remplacement des salmonidés de l'Organe consultatif autochtone et multipartite était d'explorer le concept d'un permis ou de tenure de développement. Un tel système de permis créerait un environnement qui soutiendrait le développement et l'essai de technologies pour réduire au minimum progressivement ou éliminer les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage. Les changements vers un système de permis ou de tenure nécessiteraient des discussions entre le MPO, Transports Canada et la Province de la Colombie-Britannique.

Une stratégie de délivrance de permis double pourrait inclure la création d'une nouvelle classe de permis dont l’une des conditions serait l’amélioration de la performance, comme alternative aux permis usuels. Pour les deux types de permis, les détails liés aux changements apportés au système de permis seraient explorés dans le cadre de ce processus de participation. Il s'agit notamment de déterminer si l'industrie devrait financer l'innovation et la technologie nécessaires pour respecter les normes de plus en plus strictes qui permettent de réduire au minimum progressivement ou d’éliminer les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage. Une approche de délivrance de permis double est un moyen d'aborder les éléments essentiels d'une économie bleue en donnant la priorité à l'innovation et à l’essor des technologies marines durables, qui relèvent le niveau de performance environnementale du secteur de l'aquaculture. Le gouvernement du Canada demeure ouvert aux autres idées présentées dans le cadre du processus de mobilisation.

Cette proposition de permis double avec comme condition un meilleur rendement inciterait les entreprises à respecter des normes de rendement plus élevées, leur permettant ainsi d'obtenir plus certainement un permis à plus long terme. L'admissibilité exigerait que les exploitants démontrent qu’ils ont adopté de meilleurs outils, qui seraient intégrés aux conditions de permis, et qu'ils fournissent une surveillance et des rapports supplémentaires permettant d’évaluer leurs résultats. Cette approche inciterait l'industrie à investir dans des partenariats et de nouvelles technologies, elle démontrerait que la performance environnementale qui réduit au minimum progressivement ou élimine les interactions entre les poissons sauvages et d'élevage continue d’augmenter, elle s'alignerait sur la Politique provinciale sur la salmoniculture grâce à un dialogue constructif avec les Premières Nations, et elle respecterait les ententes existantes et soutiendrait les principes de la réconciliation.

Les exploitants qui choisissent d'adopter ces nouveaux outils pourraient demander que leur permis d'installation soit converti en un permis avec comme seule condition l’amélioration de la performance. Les exploitants n'adoptant pas ces nouveaux outils conserveraient par défaut un permis standard. Selon l'approche proposée, les permis standard seraient d'une durée plus courte et, à chaque nouvelle délivrance, les titulaires de ces permis seraient confrontés à des exigences de normes environnementales et sociales de plus en plus strictes. Les exploitants qui ne seraient pas en mesure de démontrer qu'ils peuvent respecter les normes les plus strictes auraient leur permis standard supprimé. Le rythme de ce changement pourrait être lié aux améliorations globales de la performance plus largement démontrées par l'industrie, et pourrait faire l’objet d’un suivi grâce à une série de mesures précises de performance (des informations plus spécifiques sur les mesures de performance sont fournies ci-dessous).

Les options proposées pour de nouveaux outils à l’appui de l'amélioration de la performance environnementale pourraient inclure tout ou partie des outils présentés dans le tableau suivant.

Exemples de nouveaux outils proposés pour soutenir l'amélioration de la performance de la salmoniculture

Nouveaux outils Objectif
Participation à la planification de la production par zone Une approche coordonnée de la production de saumon d'élevage (périodes d'ensemencement, de grossissement, de récolte et de mise en jachère) dans une zone, notamment des protocoles coordonnés de traitement des poux du poisson et de gestion des maladies. Cette approche pourrait :
  • perturber les cycles de transmission des agents pathogènes, des maladies et des poux du poisson
  • réduire au minimum progressivement ou éliminer les interactions pendant les périodes de risque plus élevé pour le saumon sauvage
Réduction du temps global passé par le saumon d'élevage dans l'océan Orienter la technologie terrestre d’élevages de saumons pré-adultes plus grands et en meilleure santé avant de les transférer vers des installations marines, et/ou élever du saumon ou d’autres espèces à récolter dans des installations terrestres. Ces approches pourraient :
  • réduire au minimum progressivement ou éliminer la transmission des maladies et des poux du poisson et le nombre de traitements requis
  • réduire au minimum progressivement ou éliminer les interactions du saumon d'élevage avec les poissons sauvages et les mammifères marins
Mise en œuvre de nouvelles technologies innovantes qui réduiraient les interactions entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage, qui seraient mesurées par rapport à des indices de performance, fondées sur une transition des parcs en filet Favoriser l'adoption de nouvelles innovations et technologies marines qui réduiraient au minimum progressivement ou élimineraient les interactions entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage, ce qui pourrait :
  • réduire au minimum progressivement ou éliminer la transmission des maladies et des poux du poisson et le nombre de traitements requis
  • réduire au minimum progressivement ou éliminer les interactions du saumon d'élevage avec les poissons sauvages et les mammifères marins
Participation à des programmes de surveillance ou de mise en valeur du saumon sauvage L'industrie salmonicole partage la responsabilité de la protection du saumon sauvage. Cette approche pourrait :
  • améliorer le suivi et les données pour éclairer les décisions de gestion
  • augmentant la compréhension des effets des interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage
  • contribuant à la mise en valeur du saumon sauvage
Utilisation d'observateurs tiers pour surveiller les activités afin de produire des rapports validés L'industrie salmonicole partage la responsabilité de la protection du saumon sauvage. Cette approche pourrait :
  • améliorer le suivi et les données pour éclairer les décisions de gestion
  • augmenter la confiance du public et la transparence dans la communication des données
Exigence d’obtenir un partenariat local des Premières Nations de celles dont le territoire héberge l’installation autorisée en vertu d’un permis Cette approche pourrait assurer :
  • des possibilités pour les Premières Nations de travailler avec l’industrie pour établir des exigences supplémentaires propres à la région en fonction des connaissances autochtones, de la science, des technologies privilégiées et d’autres considérations
  • des possibilités de répondre aux priorités locales grâce à des normes et des objectifs de gestion améliorés

Afin d'évaluer l'efficacité d'un nouveau système de réglementation et des outils décrits ci-dessus, le MPO pourrait exiger l'adoption de meilleurs paramètres de rendement qui fourniraient plus d'information sur le niveau d'interaction entre le poisson sauvage et le poisson d'élevage. La mise en place de paramètres plus précis et plus complets permettrait au gouvernement de fixer des objectifs spécifiques pour l'industrie, et d'améliorer la responsabilité publique quant aux progrès de la performance environnementale de l'industrie. Cela pourrait également permettre une gestion plus personnalisée dans des zones spécifiques, en fonction des conditions environnementales locales, des intérêts et des préoccupations des Premières Nations. Le tableau suivant fournit quelques exemples des types de paramètres à prendre en compte.

Table: Exemples d'amélioration des paramètres proposés pour évaluer les interactions du saumon d'élevage avec le saumon sauvage et le milieu marin

Paramètres Objectif
Paramètress améliorés pour mesurer les répercussions du pou du poisson au niveau de l'installation et/ou de la zone (p. ex. abondance réduite du pou du poisson, temps réduit au-dessus de la limite pour le pou du poisson, nombre réduit de traitements requis) Indiquer les diminutions de transmission du pou du poisson et entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage
Réduction du nombre d'incidents de mortalité du saumon d'élevage par maladie ou maintien constant d'un faible taux de mortalité par maladie Indiquer un transfert réduit d'agents pathogènes et de transmission de maladies entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage
Réduction du nombre d'épidémies, mesurée par la réduction des incidents liés aux traitements de la maladie Indiquer une transmission réduite d'agents pathogènes ou de maladies entre le saumon sauvage et le saumon d'élevage
Réduction des incidents d'évasion de saumon d'élevage Indiquer des interactions réduites entre le poisson sauvage et le saumon d'élevage
Réduction du nombre de poissons sauvages (p. ex., le hareng) dans les infrastructures aquacoles, ou événements de mortalité/impacts lors des manipulations sur le site tels que les traitements mécaniques contre le pou du poisson du saumon d'élevage Indiquer une réduction des interactions et des impacts sur les poissons sauvages des activités salmonicoles
Réduction des incidents causés par les interactions des mammifères marins et des prédateurs avec les installations aquacoles Indiquer une réduction des interactions entre la mégafaune marine et le saumon d'élevage

De meilleurs paramètres seraient établis en fonction des meilleures données scientifiques disponibles, avec la participation des Premières Nations et des parties prenantes. Ils pourraient varier en fonction de facteurs environnementaux, sociaux, et techniques à l'échelle de la côte ou de la région. Ils pourraient également avoir un caractère temporel (par exemple, des mesures spécifiques pour démontrer la performance pendant la période de migration du saumon sauvage du Pacifique).

Dans sa gestion de l'industrie de la pisciculture marine, le MPO recueille des données rigoureuses sur le rendement de l'industrie de la pisciculture marine, et exige de l'industrie la collecte et la soumission de renseignements supplémentaires. Afin d'évaluer l'efficacité d'un nouveau système réglementaire et les outils proposés décrits ci-dessus, l'utilisation de meilleurs paramètres de performance pourrait fournir plus d'informations sur le niveau d'interaction entre les poissons sauvages et les poissons d'élevage dans une installation aquacole et dans une zone données. La mise en œuvre de paramètres plus performants et plus exhaustifs permettrait au gouvernement d'établir des objectifs précis pour l'industrie, et au MPO, en tant qu'organisme de réglementation, d'évaluer quels types d'activités du rendement amélioré ont le plus d’effets positifs sur la réduction au minimum progressive ou sur l'élimination des interactions avec le saumon sauvage.

Une évaluation de la nouvelle approche de la règlementation et du rendement de l'industrie aurait lieu à intervalles réguliers pour mesurer les progrès et déterminer si les exploitants respectent les exigences qui leur sont imposées. L'adoption de nouveaux outils et de meilleurs paramètres de gestion de l'aquaculture favoriserait une transition vers une réduction au minimum progressive ou une élimination des interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage. Ces options de réglementations sont proposées dans ce cadre pour être discutées et commentées au cours du processus de participation.

Objectif 1 : Questions à débattre

Questions à débattre sur une stratégie de délivrance de permis double

  1. Une approche de délivrance de permis double serait-elle une approche raisonnable pour promouvoir une transition de la salmoniculture des parcs en filet? Dans la négative, quel autre type d'approche le MPO pourrait-il envisager?
  2. Une approche de délivrance de permis double réglerait-elle les problèmes importants pour l'industrie, les Premières Nations et les parties prenantes?
  3. L'approche proposée en matière de délivrance de permis double pourrait-elle faire progresser la technologie et l'innovation de manière à répondre aux préoccupations concernant les risques environnementaux potentiels?
  4. Le MPO a noté que l'industrie exigeait une durée de permis plus longue pour la sécurité commerciale et l'investissement, mais aussi que la durée des permis devrait être courte pour maintenir un degré élevé de contrôle réglementaire. Selon vous, quelle est la durée raisonnable d'un permis? Êtes-vous favorable à l'idée d'avoir différents types de permis avec différentes durées de permis?
  5. Pensez-vous qu'un permis de développement pourrait être mis en avant pour encourager le développement et l'adoption de systèmes et de technologies de production alternatifs en Colombie-Britannique?

Outils : questions à débattre sur la proposition d’une performance environnementale améliorée

  1. Les outils proposés pour soutenir l'amélioration de la performance environnementale sont-ils les bons outils pour faire la transition de l'industrie de la salmoniculture marine de la Colombie-Britannique, afin de réduire au minimum progressivement ou d’éliminer les futures interactions avec les poissons sauvages et les écosystèmes? Existe-t-il d'autres outils qui devraient être pris en considération?
  2. Les outils pour améliorer la performance environnementale permettent-ils à l'industrie d'atteindre les objectifs du plan de transition, tout en créant des informations de qualité permettant au gouvernement d'évaluer les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage?
  3. Un plan de transition devrait-il envisager différents outils de performance environnementale pour différentes espèces de poissons d'élevage, pour différentes zones et conditions?
  4. Tous les sites aquacoles devraient-ils être traités de la même manière, ou les petites exploitations de poissons marins ou celles, qui élèvent des espèces autres que le saumon de l’Atlantique seront-elles soumises à des normes de performance environnementale moins restrictives?
  5. Quel délai serait réaliste pour l'adoption et la mise en œuvre de chacun des outils d’amélioration de la performance environnementale?
  6. Aimeriez-vous que de nouveaux outils d’amélioration de la performance environnementale soient développés tels que ceux-ci? Par exemple, si vous souhaitez les voir développés en collaboration, de quel processus s’agirait-il?
  7. Si les permis ayant comme condition l’amélioration de la performance sont en mesure d'atteindre systématiquement les paramètres ciblés les plus élevés, tous les permis standard devront-ils être ajustés pour exiger un niveau de performances plus élevé au fil du temps?

Paramètres : questions à débattre sur la proposition de nouveaux paramètres visant à évaluer la réduction au minimum progressive ou l’élimination de toute interaction entre les poissons d’élevage et les poissons sauvages

  1. L'élaboration de meilleurs paramètres de performance aiderait-elle à évaluer les préoccupations liées à la réduction au minimum progressive ou à l'élimination des interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage dans un plan de transition?
  2. En admettant que l'innovation a besoin d’espace, à la fois en cas de succès et en cas d'échec, comment les mesures de performance devraient-elles être incorporées dans le système de délivrance de permis pour les permis ayant comme condition l’amélioration de la performance?
  3. Quels paramètres spécifiques un plan de transition devrait-il prendre en compte?
  4. D'autres paramètres devraient-ils être pris en compte??
  5. Comment aimeriez-vous que de tels nouveaux paramètres soient élaborés? À titre d’exemple, si vous souhaitez qu’ils soient élaborés en collaboration, quelle forme ce processus devrait-il prendre?
  6. Comment les paramètres devraient-ils être mesurés, et quels seraient les objectifs pour réduire au minimum progressivement ou éliminer les interactions entre les poissons sauvages et les poissons d'élevage?

Objectif 2 - Confiance et transparence

Le deuxième objectif d’un plan de transition est : Confiance et transparence

Améliorer la confiance et la transparence dans les processus qui évaluent les nouvelles données scientifiques et y répondent, en démontrant une amélioration claire et quantifiable de la viabilité de la performance, et en assurant que les Canadiens aient confiance dans la gestion de l'aquaculture

Table : Changement stratégique pour l'objectif 2 - Confiance et transparence

Changement stratégique Amélioration de la confiance, de la transparence et de la clarté des objectifs et des actions réglementaires
De Des conclusions contradictoires auprès du public favorisent un manque de confiance dans l'évaluation des risques et des impacts et dans la réglementation/la gestion de l'industrie de l'aquaculture de poissons marins en Colombie-Britannique.
À Des objectifs et des résultats clairs soutiennent un secteur aquacole durable en Colombie-Britannique, qui sont éclairés par un processus d’évaluation et d’examen scientifique transparent et inclusif, fondé sur une compréhension des écosystèmes locaux (et de la santé du saumon sauvage), soutenu par une science aquacole de pointe et intégrant les connaissances scientifiques et des Premières Nations.
Approche
  • Participation du public, confiance dans les connaissances scientifiques sur l'aquaculture et dans la façon dont elles sont utilisées pour éclairer les décisions de gestion.
  • Des indicateurs précis établis grâce à la participation du public montrent clairement des interactions réduites au minimum progressivement ou éliminées entre les poissons d'élevage et les poissons sauvages, et qui fournissent des preuves d'une gestion et d'une prise de décision efficaces.
  • Les rapports publics à l'échelle de l'installation, de la zone et de la côte fournissent des preuves et une évaluation précise des interactions et des effets des interactions entre poissons d'élevage et poissons sauvages.

Le gouvernement du Canada a noté que la confiance est un sujet de préoccupation dominant dans sa gestion actuelle de la salmoniculture. Un plan de transition devrait répondre à cette préoccupation et agir pour établir de meilleures relations entre et parmi les gouvernements et les partenaires afin de garantir que les nouveaux outils, indicateurs et suivis sont transparents, collaboratifs et fondés sur les meilleures données scientifiques disponibles. Une surveillance du saumon sauvage et une meilleure compréhension des résultats de la science sur les interactions entre les poissons d'élevage et les poissons sauvages sont des indicateurs importants pour montrer que l'objectif du Plan visant à réduire au minimum progressivement ou à éliminer les interactions entre les saumons d'élevage et les saumons sauvages, a été atteint avec succès. En renforçant les processus d’évaluation et de prise en compte des nouvelles données scientifiques, en montrant clairement aux Canadiens que la réglementation et la gestion sont efficaces, en démontrant que les interactions sont réduites au minimum progressivement ou éliminées entre les poissons sauvages et les poissons d'élevage, tout cela permettra de rétablir la confiance et la transparence dans un secteur d'aquaculture de poissons de mer viable, vigoureux, et innovant en Colombie-Britannique.

Objectif 2 : questions à débattre

Questions à débattre sur la confiance et la transparence

  1. Quels éléments devraient être incorporés dans un plan de transition qui renforceraient la confiance dans la gestion de l'aquaculture en Colombie-Britannique?
  2. Quelles mesures pourraient être prises pour s’assurer qu’il y a une compréhension générale du processus scientifique et des résultats de la recherche et de leur rôle dans la prise de décisions?

Objectif 3 - Réconciliation et partenariat avec les Autochtones

Le troisième objectif d’un plan de transition est : Réconciliation et partenariat avec les Autochtones

Soutenir une meilleure participation des Premières Nations à la gestion de l'aquaculture, notamment par le biais d'une planification et d'une prise de décision collaboratives.

Table : Changement stratégique pour l'objectif 3 - Réconciliation et partenariat avec les Autochtones

Changement stratégique Amélioration de la participation des communautés des Premières Nations à la gestion et à la prise de décision
De Frustration des Premières Nations quant à leur rôle actuel dans les domaines où le gouvernement a autorité sur la gestion de l'aquaculture
À Participation accrue des Premières Nations aux activités aquacoles sur leurs territoires, notamment l’accord des Premières Nations requis pour la délivrance de permis, la gestion de l'aquaculture par zone et les partenariats des Premières Nations pour la surveillance, les programmes de gardiens autochtones, et la recherche et le développement
Approche
  • Engagement significatif avec les Premières Nations, respect des accords existants et soutien aux principes de réconciliation
  • Inciter l'industrie à établir de véritables partenariats avec les communautés autochtones, en récompensant les partenariats sérieux, en soutenant les connaissances autochtones et scientifiques, et en mettant en œuvre à plus grande échelle la gestion de l'aquaculture par zone

Les peuples autochtones ont parlé clairement au gouvernement du Canada, ils ont souligné la nécessité qu'un plus grand nombre de voix autochtones joue un rôle majeur dans la définition et la décision de l'avenir de la salmoniculture en Colombie-Britannique. Un plan de transition devrait refléter la contribution et les intérêts des peuples autochtones, qu’ils vivent ou non le long des côtes, décrire clairement la manière dont les connaissances autochtones sont intégrées à la gestion de l'aquaculture, fournir un cadre qui facilite la gouvernance collaborative de la gestion de l'aquaculture en engageant activement les peuples autochtones d’une manière qui, selon eux, respectent le mieux leurs droits, leurs titres, et leur relation particulière avec les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique. Cela est vrai pour les Premières Nations qui pratiquent l’aquaculture sur leur territoire, ainsi que pour les Premières Nations sur le territoire desquelles le saumon naît et retourne frayer.

En commençant par un processus de participation large et complet lié à ce cadre, le plan de transition devrait intégrer les points de vue et les perspectives des Autochtones. Le Plan de transition devrait également tenir compte de la collaboration avec les Premières Nations tout au long de sa mise en œuvre.

Objectif 3 : Questions à débattre

Questions à débattre sur la réconciliation et le partenariat avec les Autochtones

  1. Grâce à la participation des organisations autochtones et des Premières Nations, le MPO aimerait connaître les priorités et les aspirations pour un plan de transition des parcs en filet.
    1. Comment le MPO peut-il collaborer efficacement avec les Premières Nations qui pratiquent l'aquaculture de poissons sur leurs territoires?
    2. Comment le MPO peut-il collaborer efficacement avec les Premières Nations qui n'ont pas d’installations salmonicoles sur leur territoire, mais qui pourraient avoir des préoccupations concernant les répercussions de l'aquaculture et d'un plan de transition sur des questions d'importance cruciale pour elles, comme la santé des populations de saumon sauvage?
  2. Une approche de gestion de l'aquaculture par zone est-elle un outil qui permettrait une meilleure participation des peuples autochtones à la gestion de l'aquaculture ?
  3. Quelles sont les mesures les plus importantes que le gouvernement du Canada pourrait prendre pour aller de l'avant avec cet objectif?

Objectif 4 - Essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique

Le quatrième objectif d’un plan de transition est : Essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique

Une approche pangouvernementale pour attirer les investissements et faire progresser l'innovation et le développement de nouveaux systèmes de technologie de production de remplacement, notamment l'élevage en circuit fermé, pour faire en sorte que la C.-B. soit le leader mondial d'une aquaculture innovante qui réduise les effets environnementaux

Table : Changement stratégique pour l'objectif 4 - Essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique

Changement stratégique Créer un environnement qui soutiennent l'innovation dans la gestion d’une l'aquaculture durable
De L'industrie exprime sa frustration et elle est dissuadée par le système de réglementation et de délivrance de permis long et complexe qui comporte de multiples autorisations. Le Canada n'est pas un endroit souhaitable pour la recherche et le développement ou l'innovation de technologies aquacoles.
À Travaillant avec d'autres ministères fédéraux et la Province de la Colombie-Britannique, le MPO améliore l’approche pangouvernementale harmonisée qui soutient un système clair et souple de réglementation et de délivrance de permis. Cela permet de créer un environnement qui attire l'innovation, en particulier dans le secteur terrestre.
Approche
  • Un environnement réglementaire stable qui donne à l'industrie la certitude de pouvoir innover, des exigences relatives aux permis claires et concises en vue de faciliter le développement des entreprises, ainsi que l’aide à trouver les sites pour les nouvelles installations terrestres et leur mise en place.
  • Une industrie innovatrice et collaborative qui réponde aux objectifs de la transition des parcs en filet, qui attire des investissements et des partenariats de recherche et de développement au sein de l'industrie, et avec les Premières Nations, qui favorise les occasions de faire des affaires localement et avec les Premières Nations, et qui est soutenue par des informations et des services permettant d’assumer le risque commercial de l'innovation.
  • Une main-d'œuvre qualifiée et flexible comprenant des travailleurs locaux et des Premières Nations, qui s'adapte à une industrie hautement innovante, incluant notamment les technologies des installations terrestres.

Lors des premières consultations, le MPO a noté que les investissements dans la production aquacole alternative, incluant les installations terrestres, devaient être encouragés en faisant de la C.-B. un marché plus concurrentiel à l'échelle mondiale, qui favorise la confiance des entreprises et stimule l'innovation. À l'heure actuelle, une grande partie de l'innovation, de la recherche et du développement en aquaculture en Colombie-Britannique se fait projet par projet en adoptant une approche non coordonnée dans l’ensemble de l’industrie. En travaillant en collaboration, les gouvernements devraient créer un environnement commercial attrayant qui indique que le Canada s'est engagé à faire progresser l’essor d’une aquaculture durable en Colombie-Britannique. Des objectifs gouvernementaux plus clairement définis pour le secteur conduiraient à une industrie innovante et collaborative, attirant ainsi des investissements pour la recherche et le développement, favorisant les opportunités commerciales locales et des Premières Nations, et étant soutenue pour assumer les risques commerciaux liés à l'innovation.

Au cours des prochaines décennies, la croissance de l'industrie mondiale de la salmoniculture devrait provenir de la production utilisant des systèmes hybrides (combinaison de production terrestre et marine et de parcs en filet), en parcs clos (marins et terrestres) et en mer. Le rapport sur l'état des technologies de l'aquaculture du saumon a évalué la faisabilité de technologies alternatives et a suggéré que les systèmes d'aquaculture en recirculation terrestres (SART) et les systèmes hybrides étaient les plus avancés et les plus aptes à être adoptés en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 7. La faisabilité technologique et économique est une considération importante dans l'élaboration d'un plan de transition.

Le secteur de l'aquaculture terrestre démontre qu’il possède un vrai potentiel. Il est considéré par certains investisseurs comme un élément clé pour l’avenir d’une industrie durable. C’est une opportunité pour la Colombie-Britannique d’être à l'avant-garde d'un futur secteur de l'aquaculture terrestre. L'eau douce est abondante, une énergie propre et la proximité des marchés asiatiques et américains sont des facteurs qui pourraient faire de la Colombie-Britannique un atout majeur et attractif pour les investissements dans l'industrie terrestre. Les défis pour la croissance du secteur terrestre comprennent les coûts de démarrage et d'investissement élevés pour l'infrastructure, l'avancement actuel de la technologie et la capacité à faire ses preuves à grande échelle. L'un des objectifs d'un plan de transition devrait être d'aider à attirer les investissements dans la recherche, le développement et les nouvelles entreprises. Cela pourrait faire de la C.-B. un leader mondial dans l'adoption de technologies innovantes pour une aquaculture durable, le but étant de développer un nouveau secteur de production alternative et en parc clos fort, notamment en construisant de nouvelles installations d'aquaculture terrestres dans plus de communautés de la Colombie-Britannique.

Le MPO a bien noté que le facteur le plus important pour attirer des investissements est le besoin de certitudes et de clarté au niveau de la réglementation. Encourager les investisseurs à avoir confiance dans la stabilité et le potentiel futur de l'industrie de l'aquaculture au Canada sera la clé pour attirer leurs investissements. Le MPO collaborerait avec la Province de la Colombie-Britannique et d'autres ministères fédéraux, pour établir un système de réglementation sérieux mais souple, ouvrant la porte à l'investissement et à l'innovation dans la nouvelle production d'aquaculture terrestre en parcs fermés.

Il existe un potentiel pour un plan de transition qui soutiendrait l'investissement dans une gamme de produits plus large issus d’une aquaculture durable en Colombie-Britannique. Cela pourrait inclure des espèces de poissons différents, ainsi que des crustacés et des plantes marines. Pour offrir au secteur des opportunités de se diversifier davantage, le gouvernement du Canada devrait travailler avec la Province de la Colombie-Britannique, les Premières Nations et l'industrie, afin de soutenir le développement des produits et du marché de ces espèces. Un plan de transition entraînerait le développement d'un environnement réglementaire stable qui donnerait à l'industrie la certitude de pouvoir innover avec des exigences relatives au permis claires, en vue de faciliter le développement des entreprises, pour tous les produits issus d’une aquaculture durable.

Tout au long de la participation précédente, les défenseurs de l'adoption de la technologie des parcs fermés basés à terre ont souligné l'importance de maintenir les emplois et les opportunités économiques en Colombie-Britannique. En écoutant les exploitants des secteurs aquacoles basés sur terre et en mer, le MPO a également noté qu'un manque de moyens en rapport avec les produits issus de la salmoniculture, les services et l’expertise, aurait un effet négatif important sur le développement d'un secteur terrestre. Ils ont plaidé pour une transition planifiée des moyens existants afin de permettre à ces entreprises de continuer à exister pendant la transition.

D’autres éventuelles mesures d’incitation incluent les travaux du MPO avec la Province de la Colombie-Britannique et d'autres ministères gouvernementaux, visant à explorer l'utilisation d'outils existants ou améliorés pour attirer des investissements dans l'aquaculture terrestre et d'autres formes d'aquaculture durable dans toute la province. Les gouvernements pourraient: faciliter l'entrée de tout investisseur dans l'industrie, soutenir une augmentation des moyens du secteur, réduire les barrières réglementaires, soutenir l'investissement dans la recherche et le développement de technologies aquacoles alternatives, envisager de travailler avec d'autres partenaires au développement d'un centre d'expertise, ou encore fournir des soutiens à la formation et à l'emploi pour acquérir les compétences nécessaires visant à soutenir l'adoption de nouvelles technologies. De nouvelles aides pourraient fournir de meilleures informations sur les opportunités de financement liées à la recherche innovante, à l'achat et à l'installation de nouvelles technologies, au recrutement et à la formation pour maintenir un bassin de personnel hautement qualifié, et d'autres avantages.

Objectif 4 : Question à débattre

Questions à débattre sur l’essor de l’innovation pour une aquaculture durable en Colombie-Britannique

  1. La Colombie-Britannique est-elle une destination attrayante pour les investissements dans l'aquaculture terrestre?
  2. Dans un plan de transition, quelles activités ou actions soutiendraient le mieux les collaborations (a) au sein de l'industrie et (b) entre différents groupes pour faire progresser l'investissement dans des projets d'aquaculture de production alternative, notamment en parc clos?
  3. Quelles activités ou actions soutiendraient le mieux la recherche et le développement, et l'adoption de nouvelles technologies pour une aquaculture durable?
  4. Comment le gouvernement, par le biais de mesures incitatives ou de réglementations, peut-il favoriser au mieux une culture de l'innovation pour soutenir l'avancée de nouvelles technologies de production aquacole alternatives?
  5. Comment le Plan de transition devrait-il soutenir une production aquacole durable d'autres espèces de poissons, de mollusques et de crustacés et de plantes marines?
  6. Votre entreprise, organisation ou Première Nation participerait-elle ou bénéficierait-elle du développement d'un centre d'expertise pour la technologie d’une aquaculture durable? et, Comment?
  7. Quels domaines d'intérêt rendraient un centre d'expertise le plus avantageux?
  8. Quels sont les besoins en main-d'œuvre pour la transition de l'industrie vers une production aquacole alternative? Quels types de programmes de formation et de reconversion/de perfectionnement des travailleurs sont nécessaires pour répondre à ces besoins?
  9. Quel est le délai raisonnable pour une transition vers l'adoption de technologies aquacoles alternatives et durables en Colombie-Britannique?

Principaux jalons de la transition de la salmoniculture

Guidé par un plan de transition, le MPO propose d’encourager sans relâche les progrès d’une aquaculture durable du saumon, tout en aidant l'industrie aquacole de la Colombie-Britannique à devenir la plus durable au monde. Le Plan de transition devrait créer les conditions pour encourager la croissance d'un nouveau secteur de l'industrie, qui utilise une technologie de production alternative de pointe, y compris à la fois l'élevage en parc clos terrestre et les progrès technologiques innovants dans le milieu marin, qui démontrent la capacité de réduire au minimum progressivement ou d'éliminer les interactions entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage.

Dans le cadre de l'approche proposée pour le «plan de transition, les questions liées aux exigences réglementaires concernant la performance des installations salmonicoles seraient sans cesse soulevées et axées sur des objectifs clairs, et feraient l’objet d’un suivi transparent de la performance. Le succès serait déterminé à l'aide de l'utilisation d'outils et de paramètres décrits dans ce cadre, et définis plus en détail en fonction des commentaires reçus dans le cadre du processus de participation.

Les installations qui n'innovent pas et qui accusent un retard par rapport à la performance globale de l'industrie verraient leurs permis supprimés. Une transition responsable devrait permettre d'améliorer la performance tout en soutenant les infrastructures associées et l'industrie locale des biens et services, qui soutient le secteur de l'aquaculture.

Une évaluation des progrès associés à un plan de transition et toute mise à jour requise de l'approche aurait lieu à intervalles réguliers tout au long de la mise en œuvre de cette approche. Ces examens évalueraient les progrès de la performance de l'industrie, et évalueraient la base de référence pour la performance et les exigences réglementaires correspondantes. Cela devrait permettre d’accélérer la transition vers d'autres outils et d’autres technologies d’aquaculture marine ou terrestre, tout en maintenant sa main-d'œuvre et en soutenant les industries, et tout en réduisant le risque de pertes économiques dans les communautés.

Prochaines phases

En été et en automne 2022, le MPO engagera des discussions sur ce cadre du plan de transition. Les commentaires reçus apporteront des éclaircissements supplémentaires au plan de transition des parcs en filet d'ici juin 2023, puis une consultation sur sa mise en œuvre aura lieu durant l'été/l’automne 2023. Le plan de transition devrait viser à positionner la Colombie-Britannique comme leader dans les technologies alternatives de production aquacole, et à créer un développement économique et une croissance dans le secteur d’une aquaculture durable. Une fois qu'un plan de transition sera mis au point, le gouvernement du Canada collaborera et s'engagera avec la Province de la Colombie-Britannique, les Premières Nations, les gouvernements locaux, l'industrie et d'autres parties sur sa mise en œuvre. En association avec un secteur marin innovant, le développement d'opportunités dans le secteur terrestre, ou d'autres options durables renforcera et diversifiera l'industrie de l'aquaculture, et soutiendra la croissance à long terme d’une aquaculture durable en Colombie-Britannique.

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