Sélection de la langue

Recherche

Plans de gestion intégrée des pêches : Eulakane du fleuve Fraser 2022

Sur cette page

Préface

Le présent Plan de gestion intégrée des pêches (PGIP) a pour but de définir les principaux objectifs et exigences applicables à la pêche de l’eulakane dans le fleuve Fraser, ainsi que les mesures de gestion qui permettront d’atteindre les objectifs établis. Le présent document permet aussi de communiquer des renseignements de base à propos d’une pêche et de la gestion de cette pêche au personnel de Pêches et Océans Canada (MPO), aux commissions de cogestion reconnues par la loi et aux autres intervenants. Ce PGIP fournit une interprétation commune des «règles» fondamentales qui régissent la gestion durable des ressources halieutiques.

Il ne s’agit pas d’un document ayant force exécutoire; il ne peut constituer la base d’une contestation judiciaire. Il peut être modifié à tout moment et ne peut entraver l’exercice des pouvoirs discrétionnaires conférés au ministre par la Loi sur les pêches. Le ministre peut, pour des raisons de conservation ou pour toute autre raison valable, modifier toute disposition du PGIP conformément aux pouvoirs reconnus dans la Loi sur les pêches.

Pour tous les cas où le MPO est responsable de la mise en œuvre des obligations selon les accords de revendications territoriales, la mise en application du Plan de gestion intégrée des pêches devra respecter ces obligations. Dans le cas où un PGIP ne serait pas conforme aux obligations résultant des accords sur des revendications territoriales, ce sont les conditions de ces accords qui l’emporteront sur les dispositions incompatibles du PGIP.

Aperçu

Introduction

Le présent Plan de gestion intégrée des pêches (PGIP) pour l’eulakane du fleuve Fraser couvre la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2022. Les PGIP pour l’eulakane dans d’autres régions ne sont pas disponibles.

Le PGIP fournit un historique et un contexte général de la gestion du stock d’eulakane du fleuve Fraser et décrit des questions plus vastes liées à la conservation. Étant donné le court cycle de vie de cette espèce et les faibles rendements qui en découlent, l’eulakane du fleuve Fraser suscite des préoccupations en matière de conservation, d’où une récolte minimale à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR) et les fermetures de la pêche commerciale et de la pêche sportive. Des fermetures à long terme sont nécessaires pour permettre au stock de se rétablir.

Historique

L’eulakane a toujours été et continue d’être important pour les Premières nations qui l’exploitent à des fins alimentaires, sociales et rituelles. C’est un poisson qui se mange frais, fumé, séché ou salé et qui est une intéressante source de graisse. La graisse d’eulakane est une importante source de nourriture pour les Premières nations ; elle fait l’objet d’un troc entre les collectivités autochtones, elle est ausi offerte en cadeau lors des cérémonies de potlatch. Elle entre dans la composition de nombreux mets traditionnels, sert à préserver les fruits et même à lubrifier des outils.

Par le passé, la pêche récréative de l’eulakane Fraser était peu importante dans le fleuve ; mais elle est fermée depuis 2005.

La récolte commerciale de l’eulakane sur le fleuve Fraser a commencé dans les années 1870. Entre 1903 et 1912, la pêche à l’eulakane dans le fleuve Fraser était la cinquième en importance parmi les activités de pêche commerciale de la Colombie-Britannique (Stacey, 1995). Plus récemment, les prises annuelles d’eulakane dans le fleuve Fraser entre les années 1980 et le milieu des années 1990 ont été en moyenne d’environ 20 tonnes par année et ont culminé en 1996 avec une capture totale estimée à au moins 63 tonnes. En raison de l’augmentation des prises et de l’effort et des faibles niveaux d’abondance, la pêche commerciale a été fermée en 1997 et n’a été ouverte que deux fois depuis : en 2002 et en 2004.

Type de pêche et participants

La récolte par les Premières nations aux fins alimentaires, sociales et rituelles est autorisée dans le cours inférieur du fleuve Fraser au moyen de permis de pêche communautaire. Les Premières nations demandent des permis communautaires distincts pour l’eulakane qui sont délivrés au cas par cas. La pêche se fait principalement au filet dérivant (p. ex. filet maillant). D’autres engins de pêche peuvent être autorisés dans les zones de pêche traditionnelles sur demande.

La pêche récréative de l’eulakane demeure fermée. La pêche commerciale de l’eulakane reste également fermée.

Évaluation des stocks, connaissances scientifiques et connaissances traditionnelles

Sommaire biologique

Il existe en Colombie Britannique 25 rivières où l’eulakane fraye et, d’après des renseignements recueillis auprès d’observateurs, 15 autres rivières où il est probable que l’eulakane fraye aussi. Le fraie de l’eulakane se produit uniquement dans les tronçons inférieurs des rivières, ce qui signifie qu'il ne remonte pas en amont sur les parties de la rivière où la pente et des changements de dénivelés sont très importants. Dans le fleuve Fraser, la saison du frai s'étend de février à mai (et peut-être jusque début juin), les pics se produisant généralement en avril et en mai (ex. LFFA 2017, LFFA 2021, Casselman et Bettles 2020).

L’eulakane est un anadrome. Une fois que les larves ont éclos, elles sont rapidement rejetées dans les eaux marines ou les estuaires. On pense que la plupart vivent en mer pendant trois ans avant de retourner dans les rivières pour frayer. L'interprétation des anneaux de croissance dans les otolithes permet de faire une estimation de l'âge des eulakanes reproducteurs qui varie entre deux et sept ans. La plupart des poissons adultes atteignant une longueur de 15 à 20 cm et un poids de 40 à 60 grammes. La mortalité est très importantes après le frai, et la plupart, sinon la totalité des eulakanes, meurent probablement après le frai.

Au cours des 2 à 4 dernières décennies, des déclins à long terme du frai de l'eulakane ont été observés dans de nombreuses rivières tout au long de leur distribution, de la Californie à l'Alaska. Depuis 2004, les niveaux de la population du fleuve Fraser ont été faibles à peu près chaque année bien que le nombre de reproducteurs ait augmenté ces dernières années, ce qui pourrait signaler une tendance à la hausse.

Les données scientifiques les plus récentes sur la biologie, la répartition et la pêche de l’eulakane ont été compilées dans l’Évaluation du potentiel de rétablissement de l’eulakane – Unité désignable du fleuve Fraser (MPO, 2015) et l’Évaluation du potentiel de rétablissement de l’eulakane (Thaleichthys pacificus) au Canada (Schweigert et al. 2012). Ces documents sont disponibles en ligne à l’adresse Avis scientifique et Document de recherche respectivement.

Examen de l’écosystème

L’eulakane est la proie de nombreuses espèces de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux. L’esturgeon blanc, l’otarie de Steller, le phoque commun, et l’aigle sont des prédateurs dans la rivière. On sait que les eulakanes reproducteurs et leurs œufs font partie du régime alimentaire des esturgeons blancs adultes et juvéniles du bassin inférieur du Fraser de manière significative (Echols et FRAP 1995) ; l’esturgeon a le statut d'espèce menacée selon l'évaluation du COSEPAC (COSEPAC 2012). L’esturgeon, comme l'eulakane, est une ressource de grande valeur pour les Premières nations.

Les prédateurs marins sont l’aiguillat commun, la morue du Pacifique, le merlu du Pacifique, le saumon du Pacifique, la goberge dorée jaune, le flétan du Pacifique, la morue charbonnière, la plie à grande bouche, le sébaste et de nombreuses autres espèces de poissons, mammifères marins et oiseaux. Le merlu du Pacifique, en particulier, est un prédateur important de l'eulakane en raison du chevauchement spatial, on trouve aussi souvent de l’eulakane dans le contenu de son intestin. La biomasse du merlu du Pacifique est en déclin depuis 2017, ce qui peut avoir eu un impact positif sur l'abondance de l'eulakane. Cependant, d'autres prédateurs marins, tels que certains sébastes piscivores, ont augmenté au cours des dernières années (MPO 2020a, MPO2020b), ce qui probablement compense la réduction de la prédation due au merlu du Pacifique.

Le contenu stomacal des eulakanes juvéniles en cours de développement est constitué d’euphausiacés, de phytoplancton, d’œufs de copépodes, de copépodes, de mysidacés, de crevettes, d’ostracodes, de larves de balanes ainsi que de poissons juvéniles tels que le lançon du Pacifique (Hay 2002, Yang et al. 2006, Pearsall et Fargo 2007, Dealy et Hodes, 2019). Des échantillons d'eulakane capturés près des côtes et au large suggèrent que l'euphausiacé Thysanoessa spinifera est leur principale proie avec d'autres euphasidés, poissons et invertébrés (ex., Dealy et Hodes, 2019). Les anomalies dans la biomasse des euphausiacés au large de la côte ouest de la Colombie-Britannique ont évolué de façon positive depuis le milieu des années 2000 (Galbraith et Young 2021), ce qui indique que les conditions sont favorables à l’alimentation de l'eulakane et d'autres espèces pélagiques.

Semblable à de nombreux petits poissons fourragers, l'abondance annuelle de l'eulakane peut présenter une forte variabilité. Cette variabilité a été observée dans les études de la recherche pour toute leur aire de répartition (Anderson et Piatt 1999, Mueter et Norcross 2002, Emmett et Brodeur 2000, Schweigert et al. 2012). Il est probable que les effets du changement climatique sur les écosystèmes marins et d'eau douce contribuent à la variabilité de l'abondance de la population. Par exemple, des corrélations négatives ont été trouvées entre les prises d'eulakane dans le fleuve Fraser et les températures océaniques plus chaudes au large de l'île de Vancouver (Hay et al. 1997). De même, la récente vague de chaleur marine de 2014 à 2016 dans le golfe d'Alaska était liée à une baisse de la biomasse d'Eulakane dans les relevés faits par des chaluts de fond en Alaska (Ferriss et Zador 2021). Les impacts du changement climatique et du réchauffement des océans dans les parties sud de leur aire de répartition ont également ont joué un rôle dans les changements de la répartition et de l'abondance de l'eulakane (Emmett et Brodeur 2000). La désoxygénation et l'acidification des océans, associées au changement climatique, peuvent également avoir un impact négatif sur l'abondance et la répartition de l'eulakane (Schweigert et al. 2012). En général, les mécanismes des impacts ne sont pas entièrement compris, cependant, les preuves existantes indiquent que les conditions océaniques plus chaudes ont un impact négatif sur l'abondance de l'eulakane, on pourrait donc s'attendre à ce que le réchauffement futur réduise davantage l'abondance de l'eulakane en Colombie-Britannique, mais ce sujet nécessite une étude plus approfondie.

À l’heure actuelle, on ne dispose d’aucune information sur des limites de pêche pertinentes pour la conservation de l’eulakane, et qui tiendraient compte de facteurs liés à l’écosystème. Des recherches sont en cours pour mieux comprendre ces processus écosystémiques et le rôle que joue l’eulakane dans le maintien de l’intégrité et du fonctionnement de l’écosystème.

Connaissances autochtones

En 2019, la Loi sur les pêches a été modifiée pour inclure des dispositions dans les cas où le ministre peut ou doit tenir compte des connaissances autochtones dans la prise de décisions concernant les pêches, le poisson et l'habitat du poisson, ainsi que de prendre des dispositions supplémentaires pour la protection de ces connaissances lorsqu'elles sont partagées en toute confidentialité.

Le terme « connaissances autochtones » peut ne pas être utilisé universellement. D'autres termes tels que systèmes de connaissances autochtones, connaissances traditionnelles, connaissances écologiques traditionnelles ou connaissances traditionnelles autochtones, véhiculent tous des concepts similaires et peuvent être utilisés à la place.

Les connaissances autochtones peuvent fournir des renseignements et combler les lacunes des connaissances liées à la santé des stocks de poissons et faciliter les prises de décisions liées à la gestion des pêches. Le gouvernement du Canada et la communauté scientifique reconnaissent la nécessité d'accéder aux connaissances autochtones et de les intégrer de manière significative et respectueuse. Des travaux sont en cours à l'échelle nationale pour élaborer des processus sur la façon dont le MPO reçoit les connaissances autochtones et les applique pour orienter les prises de décisions. Il s’agira d’examiner la façon d’engager le dialogue avec les détenteurs de connaissances et de s'assurer que ces connaissances peuvent être partagées et prises en compte par les détenteurs de connaissances et la communauté élargie des Premières nations, les intervenants, les gestionnaires et les décideurs impliqués dans les pêcheries. Ce travail se traduira par un processus renouvelé effectué en collaboration avec les Premières nations, les groupes autochtones et les détenteurs de connaissances, afin d'assurer la protection des connaissances fournies.

Lorsque les connaissances autochtones sont disponibles, elles sont intégrées à l’évaluation d’un éventuel rétablissement (Schweigert et al., 2012) qui sert à orienter les décisions d’inscription sur la liste de la LEP et qui est également prise en compte dans les décisions de gestion. Les connaissances autochtones ont également été utilisées pour guider le projet d'évaluation de l'eulakane du COSEPAC.

Évaluation des stocks

Il existe peu d'informations disponibles avant la saison sur la biologie permettant de prévoir de manière fiable la taille des montaisons de reproducteurs de l'eulakane du fleuve Fraser et de guider les décisions de gestion concernant le niveau de récolte dans le fleuve. Un document de produit par la recherche de 2003 du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) (Hay et al., 2003) a identifié quatre indicateurs d'abondance pour la population et des objectifs relatifs aux « réponses » pouvant être utilisés ensemble pour guider les décisions de gestion de l'eulakane du fleuve Fraser : la biomasse du stock reproducteur (BSR), l'indice de la biomasse extracôtière, les prises de la même année dans le fleuve Columbia et la pêche expérimentale de New Westminster. Cependant, compte tenu des faibles niveaux de la population, de l'arrêt de la pêche expérimentale à New Westminster et de la fermeture des pêches commerciales et récréatives, Hay et al. (2003), ces outils ne sont plus utilisés pour guider les décisions de gestion. La principale source fournissant des données utilisées pour déterminer les niveaux de récolte ASR est l’étude sur les œufs et les larves d'eulakane du fleuve Fraser.

Pour plus de détails, voir le document de recherche du SCAS de 2003.

Approche de précaution

En général, une approche prudente dans la gestion des pêches exige que l’on agisse avec précaution lorsque les connaissances scientifiques sont incertaines. L'absence d'informations scientifiques adéquates ne devrait pas entraîner le report d'une action ou l'absence d'action pour éviter le risque de causer des dommages graves aux stocks de poissons ou à leur écosystème. Cette approche est largement reconnue internationalement pour être un élément essentiel d’une gestion durable des pêches. Des renseignements sur l’approche prudente du MPO et le cadre décisionnel sont disponibles à l’adresse suivante: https://www.dfo-mpo.gc.ca/reports-rapports/regs/sff-cpd/precaution-fra.htm

L'application d'une approche prudente aux décisions de gestion des pêches implique la mise en place de stratégies d'exploitation qui consistent à :

Le cadre exige qu'une stratégie de récolte soit intégrée aux plans de gestion des pêches respectifs afin de maintenir des taux de prélèvement modéré lorsque le stock est en bonne santé (niveau « sain »), de favoriser le rétablissement lorsque l’état du stock est « médiocre » et de garantir que le risque de dommages graves ou irréversibles pouvant affecter le stock est faible. Lorsqu'un stock a décliné jusqu'au niveau « critique », l’élément essentiel du cadre de l’approche prudente consiste à exiger qu’un plan de rétablissement soit mis en place pour qu’il existe une forte probabilité que le stock sorte du niveau critique dans un délai raisonnable.

Problèmes de gestion

Données biologiques peu nombreuses

À l'heure actuelle, on dispose de peu de données biologiques pour prévoir la taille de la montaison de reproducteurs d'eulakanes du fleuve Fraser avant la saison. Les indicateurs biologiques décrits dans l’article de Hay et al. En 2003 et les points de référence suggérés pour la gestion de l’eulakane du fleuve Fraser ont été élaborés sur une dizaine d’années et basés sur une série chronologique courte. Le MPO cherche à combler les lacunes en matière de données biologiques et à évaluer les données disponibles afin de passer à des méthodes fondées sur l’abondance pour établir les niveaux de récolte annuels. De plus, l’EPR (Schweigert et al. 2012) a mis en évidence plusieurs lacunes dans nos connaissances sur la biologie et l’écologie de l’eulakane, notamment des informations sur l’âge, le taux de croissance et la mortalité.

Accès à des fins alimentaires, sociales et rituelles

Les Autochtones de la région du Bas-Fraser sont préoccupés par le fait que leur niveau actuel d’accès à l’eulakane à des fins alimentaires, sociales et rituelles ne répond pas à leurs besoins. Ils ont demandé que le niveau actuel de récolte à des fins alimentaires, sociales et rituelles soit réévalué et qu’une approche fondée sur l’abondance soit mise en œuvre afin que les niveaux de récolte soient élaborés pour les années à venir.

Prises accessoires dans les autres pêches

L’eulakane du fleuve Fraser est accidentellement capturé partout en C.-B. lors des pêches de la crevette au chalut et de poisson de fond au chalut. Le Ministère a collaboré avec l’industrie de la pêche à la crevette au chalut pour réduire au minimum les prises accessoires d’eulakane. Des mesures de gestion ont été mises en œuvre dans la pêche de la crevette au chalut sur la côte ouest de l’île de Vancouver et dans la pêche du poisson de fond au chalut pour surveiller et atténuer les effets des prises accidentelles d’eulakane. Pour plus de détails, voir le plan complet.

Loi sur les espèces en péril(LEP)

Avec la mise en œuvre de la LEP, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été établi en tant qu’organisme indépendant d’experts chargé d’identifier et d’évaluer les espèces sauvages considérées en péril.

En mai 2011, le COSEPAC a évalué l’eulakane en C.-B. comme étant trois populations d’après leurs critères de discrétion et d’importance évolutive; les populations du fleuve Fraser et de la côte du Pacifique central ont été évaluées comme étant en voie de disparition, et l’unité de population Nass/Skeena a été initialement évaluée comme «menacée», mais elle a été réévaluée en 2013 comme «préoccupante» selon les nouvelles données.

L’Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’eulakane (Thaleichthys pacificus) au Canada peut être consulté à

La décision d’inscription sur la liste de la LEP tiendra compte des meilleurs avis scientifiques disponibles (p. ex. les évaluations du potentiel de rétablissement de 2015 et 2012 et l’évaluation du COSEPAC de 2011), des scénarios de gestion élaborés en 2014, de l’analyse socioéconomique terminée en 2016 et des consultations menées entre 2012 et 2016 avec les Premières nations, les intervenants concernés et le public canadien. Le MPO est en train de terminer la rédaction d’une recommandation d'inscription sur la liste au Gouverneur en conseil. Cependant du retard a été pris depuis les consultations de 2016, par conséquent une « vérification » auprès des groupes d’Autochtones et des parties prenantes a eu lieu entre le 19 octobre et le 19 décembre 2020 afin de veiller à ce que les points de vue et les informations partagés lors des consultations de 2016 soient toujours pertinents et à jour. Le Ministère inclura dans sa recommandation d'inscription toute nouvelle information reçue pendant cette période. La décision d’inscription définitive n’a pas encore été prise.

Objectifs

L’objectif global de la Gestion des pêches dans la région du Pacifique est la conservation des ressources halieutiques du Canada afin d’assurer l’utilisation durable des ressources et la prospérité économique, grâce à une étroite collaboration avec les utilisateurs de la ressource et les intervenants, fondée sur une intendance partagée conforme aux droits des Autochtones et issus de traités.

L’objectif de la pêche actuelle de l’eulakane est de répondre aux préoccupations en matière de conservation des stocks d’eulakane du fleuve Fraser et d’introduire des mesures pour permettre la reconstitution des stocks. Les objectifs précis et les mesures du rendement sont décrits en détail dans le PGIP et les annexes connexes.

Un objectif de rétablissement sur l’ensemble de la côte pour l’eulakane est, à tout le moins, de promouvoir le rétablissement des populations de façon à ce qu’elles puissent être considérées comme préoccupantes selon les critères d’évaluation du COSEPAC, avec un objectif provisoire d’observer une croissance positive de la reproduction de l’eulakane dans les réseaux hydrographiques sur l’ensemble des aires désignables et un objectif à long terme de voir ces populations atteindre des niveaux records (Schweigert et al. 2012).

Le COSEPAC a évaluée la population du fleuve Fraser comme étant en voie de disparition après qu’un déclin de plus de 50 % a été observé sur trois générations (environ 10 ans pour l’eulakane). Le rétablissement de l’eulakane du fleuve Fraser « devrait se traduire par une augmentation de cet indice à des niveaux historiques ». Le premier objectif serait une augmentation de la population qui dépasserait les critères du COSEPAC concernant le statut « espèce en voie de disparition » et ramènerait l’évaluation à « espèce préoccupante », d’autres mesures de rétablissement seraient nécessaires pour ramener la population du fleuve Fraser [unité désignée] à un point où elle ne serait plus en péril selon les critères du COSEPAC. En outre, les objectifs concernant la répartition de la population prévoiraient une augmentation durable des géniteurs dans des proportions historiques (Schweigert et al. 2012).

Le but est d’assurer la conservation et la protection des stocks d’eulakane, la gestion de leur habitat et pour gérer les impacts sur l'écosystème en appliquant les principes de gestion scientifique mis en œuvre avec prudence et de manière préventive en se basant sur les meilleurs avis scientifiques disponibles.

Pour mener un processus de consultation ouvert et transparent afin de discuter des questions de gestion des prises d’eulakane, le MPO n'a actuellement pas d'organisme consultatif lié à la planification de la pêche pour cette pêche, mais il mène de vastes consultations auprès des peuples autochtones et des intervenants.

Selon les besoins de conservation, la priorité est accordée aux Premières nations pour les occasions de pêcher l’eulakane à des fins alimentaires, sociales, et rituelles. Les commentaires recueillis lors des séances de consultation servent à mesurer le rendement de la priorité accordée aux des peuples autochtones en ce qui a trait aux possibilités de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles. Les possibilités de pêche limitées permettront aux Autochtones d’avoir accès aux pêches à des fins alimentaires, sociales et rituelles tout en atteignant les objectifs de conservation. Le maintien de la pêche à de faibles niveaux augmentera la probabilité de reconstitution des stocks d’eulakane du fleuve Fraser. Le Ministère gérera les pêches de l’eulakane du Fraser de façon prudente en 2022.

Accès et allocations

Le ministre peut, pour des raisons de conservation ou pour toute autre raison valable, modifier l’accès, les allocations et les modalités de partage décrites dans le présent Plan de gestion intégrée des pêches, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés en vertu de la Loi sur les pêches.

La pêche autochtone d’eulakane à des fins alimentaires, sociales, et rituelles peut avoir lieu lorsqu’elle est autorisée par un permis communautaire. Le Ministère accordera aux peuples autochtones un accès prioritaire à la ressource aux fins alimentaires, sociales et rituelles. Les quotas relatifs aux pêches ASR peuvent être déterminés dans le cadre de discussions bilatérales entre les peuples autochtones et le Ministère.

La pêche récréative de l’eulakane est interdite sur toute la côte. La pêche commerciale est fermée depuis 2004; toutefois, il reste 16 permis de catégorie ZU à obtenir par les parties.

Modalités d'intendance partagées

Par le passé, certains travaux coopératifs ont été effectués à l’échelle de la côte, y compris des dons de temps, d’argent, de navires, d’engins, d’échantillons et de levés en mer. Ces mesures ont toutes contribué à enrichir nos connaissances sur l’eulakane dans la région du Pacifique. Les Autochtones et les intervenants ont fourni de l’aide pour obtenir des informations sur la répartition des reproducteurs et les données de la pêches expérimentales durant la saison et les données des relevés. De plus, l’industrie de la pêche commerciale de la crevette pêchée au chalut a fourni de l’aide pour le relevé de l’indice de la pêche hauturière (COIV et bassin de la Reine-Charlotte).

La stratégie relative aux pêches autochtones (SRAPA) du Ministère a fourni des fonds aux peuples Autochtones pour aider au travail de répartition des reproducteurs et aux relevés concernant les œufs et les larves, notamment le relevé concernant les œufs et les larves qui fournit l’estimation annuelle de la BSR dans la région du fleuve Fraser.

Plan de conformité

Le Programme de conservation et de protection du MPO est responsable de l’application de la Loi sur les pêches, de ses règlements et des lois connexes. Les activités d’application de la loi sont menées par des agents des pêches qui effectuent régulièrement des patrouilles terrestres, maritimes, et aériennes.

Le Ministère fait la promotion de la conformité à la loi au moyen d’une gamme d’activités allant des activités d’éducation et de sensibilisation qui encouragent les Canadiens à protéger les ressources halieutiques et leurs habitats, des patrouilles pour détecter les infractions et la gestion des cas graves.

Toute infraction présumée ou réelle en matière de pêche, d’espèces sauvages ou de pollution peut être signalée rapidement et discrètement à l’agent d’application de la loi approprié en utilisant la ligne d’assistance téléphonique sans frais « Observez, notez, signalez ». Ce numéro sans frais est disponible 24 heures sur 24.

Observez, notez, signalez:
Téléphone: 1-800-465-4DFO (1-800-465-4336) ou
Courriel: DFO.ORR-ONS.MPO@dfo-mpo.gc.ca.

Les priorités et les stratégies d’application de la loi pour les pêches de l’eulakane du Fraser sont élaborées et coordonnées avec le personnel local de C et P et de Gestion des pêches. Les agents des pêches effectuent des patrouilles dirigées et opportunistes dans la zone de pêche. Les patrouilles pendant les périodes d’ouverture et de fermeture seront effectuées en tenant compte des priorités et des ressources concurrentes.

Examen du rendement

Les critères d’évaluation du plan de gestion (national, Pacifique et gestion des ressources) sont décrits dans le plan complet.

Un examen d’après-saison de 2021 (annexe 1), un plan de pêche autochtone (annexe 3), un plan de pêche récréative (annexe 4) et un plan de pêche commerciale (annexe 5) sont également disponibles dans le PGIP complet.

Coordonnées de Pêches et Océans Canada

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le présent Sommaire du PGIP, veuillez communiquer avec Hong.Tjhie@dfo-mpo.gc.ca, ou pour consulter une version électronique du PGIP intégral, veuillez consulter le site du web. (en anglais seulement).

Date de modification: