Saumon du Pacifique - Fiche d'information

Le saumon quinnat

Le saumon quinnat

Le saumon quinnat

Le saumon quinnat (Oncorhynchus tshawytscha)

Faits en bref :

  • Nom scientifique : Oncorhynchus tshawytscha.
  • Le saumon quinnat est le plus gros de tous les saumons du Pacifique. Record mondial de spécimen pêché : 57,27 kg (126 lb).
  • On l'appelle également « saumon de printemps » du fait que les géniteurs arrivent dans certaines rivières plus tôt que les autres espèces de saumon du Pacifique.
  • C'est une espèce piscivore (qui mange du poisson).

Particulièrement apprécié des pêcheurs sportifs, le saumon quinnat est également désigné saumon-roi en raison de sa force et de sa combativité. Les spécimens de plus de 14 kg (30 lb) sont appelés « Tyee ».

Le saumon quinnat fraie dans les grands bassins hydrographiques de la Californie à l'Alaska, et on le trouve dans certains cours d'eau de la Colombie-Britannique et du Yukon, notamment dans le fleuve Fraser et le fleuve Yukon.

Après sa naissance, le saumon quinnat séjourne en eau douce pendant une période qui varie selon la température de l'eau. Les populations du Sud peuvent passer entre trois mois et un an dans les cours d'eau avant d'entreprendre leur avalaison vers l'océan. Mais celles du Nord passent habituellement au moins un an en milieu dulcicole. Le saumon quinnat est une espèce connue pour la grande amplitude de ses déplacements migratoires et sa dissémination en petits effectifs à travers le Pacifique. Les adultes reviennent frayer après une période pouvant varier de deux à sept ans après la naissance. Plusieurs rivières comptent plus d'un stock de quinnats, et certaines ont même des remontes au printemps, à l'automne et en hiver.

En raison de sa taille impressionnante et de sa présence dans les eaux littorales, le quinnat est particulièrement apprécié non seulement des pêcheurs sportifs et des pêcheurs commerciaux mais des épaulards. Il se pêche généralement « à la traîne », avec une ligne et un hameçon doté d'un leurre ou d'un appât. Le quinnat se distingue des autres espèces de saumons du Pacifique par la couleur de sa chair qui peut aller du blanc au rouge foncé en passant par le rose.

Lorsqu'il s'alimente dans les eaux maréales, le quinnat se distingue par son dos de couleur foncée irisée de bleu et de vert. À mesure qu'il s'approche des eaux douces pour frayer, sa livrée s'assombrit et prend des tons rougeâtres autour des nageoires et de la partie ventrale. Chez les mâles adultes les dents grossissent, et la mandibule se développe et se courbe pour se terminer en forme de crochet.

Pour de plus amples renseignements sur l'identification du saumon quinnat, veuillez visiter les pages du site de la pêche récréative concernant l'identification du saumon.

arte de migration du saumon quinnat

Carte de migration du saumon quinnat

Le saumon kéta

Le saumon kéta

Le saumon kéta

Le saumon kéta (Oncorhynchus keta)

Faits en bref :

  • Nom scientifique : Oncorhynchus keta.
  • Le saumon kéta se retrouve dans toute la région du Pacifique, depuis l'Oregon jusqu'à l'Alaska, en passant par les eaux bordant le Japon et la Corée.
  • La moins acrobatique de toutes les espèces de saumon du Pacifique, sa remonte est facilement entravée par des dénivellations qui n'arrêteraient pas d'autres types de salmonidés.
  • C'est un poisson qui se fume cru en raison de sa faible teneur en huile.

Les mâles adultes se distinguent par leur mandibule d'allure canine. C'est le moins recherché des saumons du Pacifique, mais il a de tout temps compté parmi les aliments essentiels des peuples côtiers du Pacifique en raison de sa grande abondance à travers la région.

En Colombie-Britannique et au Yukon, le kéta se reproduit dans plus de 880 cours d'eau. Dans les petites rivières de la côte, les alevins qui sortent des gravières au printemps entreprennent immédiatement leur avalaison pour arriver en mer après un trajet d'une ou deux journées. Mais dans les bassins plus importants, les jeunes peuvent prendre plusieurs mois avant d'arriver à l'océan. La plupart des kétas séjournent en mer pendant deux ou trois ans avant de reprendre le chemin de la remonte vers leurs frayères natales. Aux mois de mai et de juin de leur dernière année en mer, les adultes se retrouvent des deux côtés du Pacifique, au nord de la frontière californienne.

Poisson de fière allure, le kéta qui arrive en eaux maréales voit sa livrée prendre une couleur argentée tirant sur le bleu métallique, avec des petites taches noires sur le dos. Les géniteurs se distinguent par leurs flancs traversés d'une bande horizontale, ainsi que par leur livrée bigarrée et leurs dents d'apparence canine. Le kéta est le plus largement disséminé de tous les saumons du Pacifique.

Pour de plus amples renseignements sur l'identification du saumon kéta, veuillez visiter les pages du site de la pêche récréative concernant l'identification du saumon.

Carte de migration du saumon kéta

Carte de migration du saumon kéta

Le saumon coho

Le saumon coho

Coho salmon

Le saumon coho (Oncorhynchus kisutch)

Faits en bref :

  • Nom scientifique : Oncorhynchus kisutch.
  • Le coho compte davantage de populations spécifiques que toute autre espèce de saumon de la Colombie-Britannique.
  • Bien que le saumon coho ait tendance à ne pas trop s'éloigner du littoral, certains spécimens ont été trouvés à 1 600 km de la côte.
  • Les juvéniles défendent leur territoire par une série de manœuvres qui prennent l'allure d'une danse effrénée.

Le saumon coho est un poisson agile et actif. On le retrouve dans la plupart des cours d'eau de la côte britanno-colombienne et dans plusieurs rivières du Pacifique Nord-Ouest, de la Californie jusqu'à l'Alaska, mais principalement entre le fleuve Columbia et le bras Cook Inlet (Alaska). On a recensé des frayères de coho dans plus de la moitié des 1 500 cours d'eau de la Colombie-Britannique et du Yukon pour lesquels on dispose de données.

Les jeunes cohos passent généralement un an en eau douce, bien que chez les populations du Nord, une forte proportion de juvéniles peuvent séjourner en rivière pendant deux ou trois ans. Ils préfèrent généralement les petits cours d'eau et les terrains marécageux, mais certaines populations fréquentent également les lacs et les grandes rivières. Après l'éclosion des œufs dans les gravières des frayères natales, les jeunes cohos passent un ou deux ans en eau douce. Après l'avalaison au stade de smolt, ils passent jusqu'à dix-huit mois en mer avant de reprendre le chemin du retour jusqu'à leur cours d'eau natal où ils viennent frayer. La plupart prennent trois ans avant d'atteindre l'âge de reproduction, mais certains se développent plus vite et retournent à leurs frayères natales au stade de « castillons » (deux ans).

Le recrutement étant conditionné par l'espace disponible dans les rivières, les jeunes cohos sont soumis à une vive concurrence territoriale. Ceux qui ne peuvent trouver ou défendre leur espace vital ont de la difficulté à survivre. C'est pourquoi chaque cours d'eau a tendance à produire le même nombre de smolts année après année, indifféremment du nombre d'adultes venus y frayer.

Contrairement aux autres espèces de saumons qui se livrent à des migrations océanes de très grande amplitude, le coho préfère se tenir à proximité de la côte. Cette facilité d'accès, et la tendance du coho à mordre à l'hameçon et à essayer de s'esquiver par des bonds spectaculaires en font une cible de choix pour les pêcheurs sportifs. Le coho est également pêché par les Autochtones qui le capturent pour leurs besoins alimentaires, au moyen de méthodes traditionnelles (fascines, filets, gaffes), ainsi que par les ligneurs commerciaux, bien que les récents aléas du recrutement aient entraîné la restriction de l'effort de pêche depuis 1998.

Arrivé à l'âge adulte, le saumon coho arbore une livrée argentée sur les flancs et bleu métallique tachetée de noir sur la partie dorsale. Les mâles géniteurs qui font leur entrée dans les eaux douces ont une couleur rouge vif sur les flancs et vert brillant sur le dos et la tête, et une coloration foncée sur le ventre. Leur mandibule s'allonge et se courbe pour se terminer en crochet avec des dents pointues. Les femelles adultes changent également de couleur et développent une mandibule courbée, mais leur transformation est moins spectaculaire que celle des mâles.

Pour de plus amples renseignements sur l'identification du saumon coho, veuillez visiter les pages du site de la pêche récréative concernant l'identification du saumon.

Carte de migration du saumon coho

Carte de migration du saumon coho

Le saumon rose

Le saumon rose

Le saumon rose

Le saumon rose (Oncorhynchus gorbuscha)

Faits en bref :

  • Nom scientifique : Oncorhynchus gorbuscha.
  • Le saumon rose est la plus abondante des sept espèces de saumon fréquentant les eaux de la Colombie-Britannique.
  • Ce poisson a une durée de vie relativement restreinte, ne dépassant pas les deux ans.
  • Les mâles qui reviennent frayer dans les rivières se reconnaissent à leur dos bossu.

Cette espèce se retrouve dans les cours d'eau baignant un territoire allant de la Californie jusqu'au fleuve Mackenzie. Ses principales frayères sont concentrées entre la région de Puget Sound (État de Washington) et la baie de Bristol (Alaska), certaines loin en amont mais la plupart sont près de l'océan. Les saumons roses remontent à leurs frayères natales entre juillet et octobre. Durant la période de reproduction, les mâles et les femelles voient leurs livrées respectives passer du bleu argenté à une nuance gris pâle.

Cette espèce se distingue par sa durée de vie qui ne dépasse pas les deux ans. Dès qu'ils émergent de leurs gravières natales au printemps, les jeunes alevins entreprennent leur avalaison. Après un séjour de quelques jours à plusieurs mois dans les eaux estuariennes et littorales, les jeunes saumons roses partent en bancs relativement nombreux pour leurs grandes migrations océanes où ils se nourrissent de zooplancton, en particulier de crustacés microscopiques appelés « krill », qui donnent à leur chair la couleur rose dont ils tirent leur nom.

Malgré sa longévité relativement faible et sa petite taille, le saumon rose parcourt des milliers de kilomètres durant sa migration en océan avant de remonter jusqu'aux frayères natales pour se reproduire. Lors de leur migration thalassotrophe, les jeunes saumons essaiment à travers l'océan Pacifique sur un territoire allant du Nord de la Californie à la mer de Béring, pour se déplacer dans les franges méridionales de cette aire de répartition à l'arrivée de la saison froide.

Le saumon rose se pêche principalement à la senne, au filet maillant et à la ligne traînante. Les captures effectuées à la ligne sont normalement destinées aux étals des poissonniers alors que celles provenant de la pêche au filet sont principalement destinées aux conserveries. Les pêcheurs récréatifs prennent habituellement le saumon rose à la ligne, avec des leurres artificiels.

Pour de plus amples renseignements sur l'identification du saumon rose, veuillez visiter les pages du site de la pêche récréative concernant l'identification du saumon.

Carte de migration du saumon rose

Carte de migration du saumon rose

Le saumon rouge

Le saumon rouge

Le saumon rouge

Le saumon rouge (Oncorhynchus nerka)

Faits en bref :

  • Nom scientifique : Oncorhynchus nerka.
  • Également appelé « sockeye », ce saumon est le premier de l'espèce à avoir été pêché commercialement dans la région du Pacifique.
  • Sa riche couleur rouge et sa teneur élevée en huile s'expliquent par une diète constituée principalement de crevettes et autres crustacés.
  • Le nom « sockeye » proviendrait du vocable « sukkai » utilisé par les Coast Salish dont l'emploi était jadis répandu dans le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique.

Le plus célèbre de tous les salmonidés du Pacifique, le saumon rouge est également le plus recherché pour la qualité et la couleur de sa chair. Sa haute teneur en huile et sa robe rouge en font un poisson très apprécié sur les marchés locaux et étrangers.

La principale aire de distribution des frayères de saumon rouge s'étend du fleuve Fraser jusqu'à la baie de Bristol (Alaska). La plupart des populations de la Colombie-Britannique et du Yukon se reproduisent à la fin de l'été ou à l'automne, dans des bassins d'origine lacustre, dans des lacs ou dans des rivières qui se jettent dans des lacs. Les principales remontes concernent le fleuve Fraser et les bassins des rivières Skeena, Nass, Stikine, Taku et Alsek ainsi que les bassins de Smith Inlet et de Rivers Inlet.

Les jeunes saumons rouges peuvent séjourner dans leurs lacs natals pendant plus d'un an, certains attendant jusqu'à deux ou trois ans avant d'entreprendre leur avalaison vers l'océan. À leur arrivée en eau salée, les saumons rouges migrent le long de la côte en direction nord et nord-ouest. Leur aire de distribution thalassotrophe couvre un immense territoire qui s'étend en direction ouest jusqu'à la ligne de changement de date (à 2 600 milles de la côte ouest de l'île de Vancouver), en direction nord jusqu'à l'extrémité nord du golfe de l'Alaska, et en direction sud jusqu'à la frontière entre l'Oregon et la Californie.

L'une des principales caractéristiques biologiques du saumon rouge est sa « dominante cyclique » qui s'observe notamment dans de nombreux lacs du bassin du Fraser, où les populations de saumons rouges connaissent un pic d'abondance quadriannuel. Le saumon rouge prend de deux à six ans pour arriver à maturité, mais la plupart des bassins sont dominés par une cohorte spécifique (généralement celle des quatre ans), impliquant que la progéniture d'une année de ponte donnée reviendra frayer quatre ans plus tard. Ce pic de fécondité quadriannuel produit la dominante cyclique à l'origine des remontes spectaculaires observées dans la rivière Adams à tous les quatre ans. Le phénomène a donné lieu à de nombreuses théories, mais personne ne sait l'expliquer de manière certaine.

Le saumon rouge se pêche commercialement à la senne, au filet maillant et à la traîne. Les Autochtones le capturent avec des filets traditionnels, des fascines et des gaffes, et les pêcheurs sportifs le pêchent à la cuiller ou avec des appâts naturels. Les routes migratoires procurent les meilleures opportunités de pêche durant les remontes de juin à novembre. Le saumon rouge intéresse tous les secteurs de pêche mais il fut le premier type de l'espèce à être pêché commercialement dans la région du Pacifique et le premier à assurer le marché des conserveries, dans les années 1870.

Bien que les saumons rouges qui vont dans l'océan ont une coloration d'un gris argenté constellé de points noirs, ils sont souvent observés dans leur livrée de remonte en eau douce. Au fur et à mesure qu'ils approchent de leurs frayères natales, les géniteurs développent une robe de couleur rouge – qui devient écarlate et terminée par une tête de couleur verte au moment de l'arrivée dans le site de frayère natale. C'est cette coloration intense et la riche histoire culturelle, économique et écologique à laquelle il est associé qui font du saumon rouge un symbole de la région du Pacifique. 

Pour de plus amples renseignements sur l'identification du saumon rouge, veuillez visiter les pages du site de la pêche récréative concernant l'identification du saumon.

Carte de migration du saumon rouge

Carte de migration du saumon rouge

Cycle de vie du saumon

Cycle de vie du saumon

Illustration du cycle de vie du saumon

Cycle de vie du saumon

Chaque automne, poussés par une force naturelle, les saumons reviennent dans la rivière où ils sont nés. Ils nagent en amont à travers des courants puissants, traversent des rapides et sautent des chutes d'eau. Ils doivent aussi faire face à des prédateurs: ours, aigles, balbuzards et humains.

Lors de son arrivée à sa frayère, le saumon dépose des milliers d'oeufs fertilisés dans le gravier. Chaque femelle creuse un nid en présence d'un mâle.

En utilisant sa queue, la femelle crée une dépression dans laquelle elle libère ses oeufs. En même temps, le mâle libère un nuage de laitance. Lorsque la femelle commence à préparer son deuxième nid, elle couvre le premier nid de gravier, ce qui protège les oeufs contre des prédateurs. Ce processus est répété plusieurs fois jusqu'à ce que la femelle ait engendré tous ses oeufs.

Leur long voyage fini, les saumons adultes meurent. Leurs carcasses fournissent de la nourriture d'hiver pour les ours, loutres, ratons laveur, visons et fournissent aussi des nutriments au fleuve pour la nouvelle génération de saumon, de la même façon que les feuilles mortes fertilisent la terre. Les deux autres salmonidés, la truite fardée et la truite arc-en-ciel, peuvent survivre, retourner de nouveau à la mer et possiblement revenir frayer.

Dans le gravier, les oeufs de saumons développent un œil - le premier signe de la vie. Au cours de quelques mois, l'embryon se développe et devient un alevin. L'alevin porte un sac vitellin qui contient tout ce dont il a besoin pour se nourrir durant les deux ou trois premier mois de vie. Une fois que les nutriments renfermés dans le sac sont absorbés, les alevins nageants remontent en aval et font face à un monde dangereux.

L'alevin peut vivre en eau doux pendant plus d'une année, ou peut nager en aval vers la mer – ceci dépend de l'espèce. Les alevins qui sont prêts à entrer l'eau salée s'appellent saumoneau. Un fois qu'ils ont commencé leur migration, les saumoneaux font face aux prédateurs, courants rapides, chutes d'eau, pollution et concurrence pour la nourriture.

Les jeunes salmonidés restent près du littoral quand ils atteignent la mer. Après leur premier hiver, ils vont vivre en mer, et, selon l'espèce, passent d'un à quatre ans à manger et à croître dans l'océan Pacifique du Nord. Ils reviennent alors à leur cours d'eau natal, pour frayer et mourir.

De tous les milliers d'oeufs pondus, seulement quelques saumons adultes survivent pour perpétuer leurs espèces. Les écloseries augmentent considérablement le nombre de survivants en protégeant les oeufs et les alevins pendant la période précoce du développement de leur vie.